La journée internationale des musées célébrée en Mauritanie
L’Office National des Musées a célébré la journée internationale des musées du 18 mai sous le thème « Musées et Education ». Dans son mot d’ouverture, le nouveau ministre de la Culture et de la Communication a indiqué que « cette journée est l’occasion pour les professionnels des musées d’aller à l’encontre du public afin de le sensibiliser aux défis auxquels les musées doivent faire face pour être des institutions au service de la société et de son développement ». A lui de poursuivre que le choix de ce thème se justifie par la volonté de renforcer les liens entre l’éducation et la culture. « En effet, le musée qui est à la fois un centre d’animation culturelle, un foyer de diffusion des cultures nationales et internationales doit être également un temple d’inspiration et de création artistique pour notre jeunesse » a-t-il souligné. Parallèlement à cette commémoration, le ministre a procédé à l’inauguration de l’exposition d’artistes sénégalais intitulée « Ouverture et Echanges », organisée par l’Association CARPLAS des peintres de Saint – Louis. Les œuvres sont accrochées jusqu’au 30 mai. Soulignons que cette manifestation artistique est le fruit d’une coopération culturelle fructueuse entre l’Office National des Musées et le musée de Saint- Louis. La coopération
Sud – sud est vitale pour le progrès de nos pays.
Exposition
Visions Unies jusqu’au 30 Mai au CCf
Oumar Ball et Béchir Malum croisent leurs visions sur les Hommes et les réalités de la ville de Nouakchott. Les tableaux peints de mains de maîtres retracent les différentes angoisses des habitants d’une ville qui se développe de manière anarchique aux antipodes de toutes normes : La place à donner à l’enfance, l’attachement aux racines, le sens de la vie dans la cité… La vie quotidienne des citadins et au –delà, occupe une bonne place dans les représentations des artistes : Les activités agro-pastorale au bord du fleuve, les pratiques du commerce qui foisonnent dans les marchés de la ville… Le clou de l’exposition est sans conteste deux splendides sculptures, l’une représentant un flûtiste accroupi, l’autre, une femme nue, les yeux tournées vers le ciel avec un petit pagne autour de la taille. Le pagne érotique, le ventre ballonné, le regard suspendu et les seins fermes symbolisent une femme soumise, objet sexuel et procréatrice. Une ancienne biographie de la femme africaine qui s’émancipe de plus en plus des lourdeurs sociales. Les mauritaniennes quant à elles tiennent une place prépondérante dans la société. Elles sont très influentes dans les sphères de prises de décisions familiales. Sur le plan politique, elles se sont vues propulser au premier plan en occupant des postes jadis réservés uniquement aux hommes. Députés, maires, ministres, magistrats… Elles ont même investi le domaine très complexe de l’armée et des forces de sécurités civiles et militaires. Cependant quelques soient leurs rangs, elles restent mères et épouses. C’est peut être cette caractéristique que veulent ressortir les artistes. L’homme accroupi à la flûte dénote de la gaieté de la vie de la gent masculine qui a tout le loisir de jouer de la musique pendant que la femme ploie sous le fardeau des travaux ménagers et des cycles rapprochés de grossesses. Cette dichotomie entre les deux genres a connu une évolution dans la vie citadine. Ici, l’heure est à la complémentarité et au partage des tâches. Femmes comme hommes sont emballés par le rythme d’un quotidien difficile dans le micmac d’une ville où le système D est le plus en vogue. C’est dans le milieu rural qu’on note quelques résurgences de la domination de l’homme sur la femme. C’est peut être cela qui justifie tous les visages féminins, tristes et interrogatifs qui se multiplient sur les toiles. Pour expliquer cette dépassée phallocratie ambiante, Oumar Ball évoque les affres de l’ignorance dans une splendide œuvre qui montre comment ce fléau enchaîne les Hommes, rongent leurs mentalités et les empêche d’évoluer dans le bon sens. Cette exposition qui a reçu de nombreux visiteurs révèle une nouvelle orientation de l’art mauritanien en montrant de belles images qui rompent avec la monotonie du déjà vu. En effet, les artistes mauritaniens ont la fâcheuse habitude de se copier dans leurs travaux. Ce qui donne à chaque fois les mêmes figures selon que l’on s’intéresse de plus près à leurs productions. Oumar Ball et Béchir Malum ont frappé « un grand pinceau ».
Italie
Les ressortissants mauritaniens veulent capter la TVM
Les ressortissants mauritaniens vivant sur le sol italien veulent se rapprocher de leur pays. Pour cela ils demandent solennellement aux autorités de leur pays de leur faciliter la tâche en leur permettant de capter la télévision nationale comme tous leurs homologues émigrés des autres nationalités d’Afrique. Pour ce faire, ils supplient les décideurs de mettre la TVM sur le satellite qui est le plus prompte à desservir l’Europe. « Nous avons honte face aux autres qui nous taquinent à chaque fois » affirme Demba Wane, président de l’Association des ressortissants mauritaniens en Italie. A lui d’ajouter que la télévision nationale nous rapproche de nos familles et nous permet de suivre au jour le jour l’évolution dans notre pays. Son rôle va bien au-delà de ce que l’on imagine. Elle évite les déperditions et incitent toujours au retour au bercail. En plus de cette noble et patriotique revendication, nos ressortissants demandent au gouvernement mauritanien de tout faire pour inciter la République Italienne d’ouvrir un consulat à Nouakchott. « Ceci permettra à notre pays de récupérer les capitaux investis par ses ressortissants qui sont obligés d’aller à Dakar au Sénégal pour faire certains papiers » déclaré M.wane, visiblement préoccupé par l’avenir du pays. Espérons que ces doléances sommes toutes légitimes ne tombent pas dans l’oreille d’un sourd. Le ministère des Affaires étrangères, le secrétariat d’Etat chargé des mauritaniens de l’étranger et le très dynamique directeur de la TVM doivent rapidement trouver une solution à toutes ces questions. Signalons que les mauritaniens vivants en Italie jouent un grand rôle dans le développement de la Mauritanie. Outres les gros pactoles de devises qu’ils font entrer dans le pays sous forme d’argent envoyé à leurs familles, ils financent un bon nombre de projets de développement dans leurs villages d’origine. C’est ce qu’on appelle de l’émigration positive.
Yéro NDiaye