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rjcm
Description du blog :
le blog de tous les journalistes culturels
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Blog Journal intime
Date de création :
10.05.2008
Dernière mise à jour :
26.06.2008

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Ousmane Gangué, lead vocal de Koodé Pinal

Ousmane Gangué, lead vocal de Koodé Pinal

Publié le 10/05/2008 à 12:00 par rjcm
Ousmane Gangué, lead vocal de Koodé Pinal
Ousmane Gangué n’est plus à présenter au public mélomane mauritanien. Nonobstant sa jeunesse, il est la version masculine de notre Malouma nationale. Depuis quelques années, il sillonne le monde avec l’étendard de son pays, la Mauritanie.

Son objectif, c’est de promouvoir la Mauritanie culturelle sur tous les cieux. Il n’en a fait en 2004 en allant au festival Nancy Jazz Pulsation avec un drapeau, des billets de 1.000UM, de 500UM uniquement pour montrer aux gens et avoir une occasion de parler de la Mauritanie.
Que représente pour vous le festival des musiques nomades ?

Avant tout d’abord, je tiens à vous remercier pour le temps que vous avez voulu me consacrer en venant chez moi pour m’interroger.

A mon sens le festival des musiques nomades est une aubaine non seulement pour les artistes mauritaniens se produire devant un grand nombre de public, mais aussi de rencontrer et de discuter avec les autres artistes venus de divers horizons. Par conséquent, il représente pour moi beaucoup de choses. C’est ma première fois de participer au festival des musiques nomades. C’est une chance qu’on m’a offerte, j’essayerai d’en tirer profit musicalement parlant. Franchement, il permettra aux artistes mauritaniens de progresser en côtoyant les artistes étrangers.

Pour parler toujours du festival des musiques nomades, cette année ce n’est pas seulement la chance que les organisateurs vous ont offerte. Ils vous ont également fait d’inaugurer les festivités du festival. Sentez-vous honoré par les organisateurs ?

Cela est un grand honneur pour moi, Ousmane Gangué. D’ouvrir le bal du festival des musiques nomades devant Monsieur le Premier Ministre et de nombreux invités au stade de Ksar. Pour moi, ce choix est une reconnaissance pour le travail que je fais du jour au jour pour la promotion de mon pays, la Mauritanie , ici et à ailleurs. Je suis très content d’être et impatient de l’arrivée de ce jour. Ce jour serait une occasion de montrer ce que je sais faire sur un podium avec le micro ou la guitare à la main, pas aux mauritaniens, mais à nos hôtes qui seront là pour voir la culture mauritanienne.

Avez-vous des relations avec quelques artistes étrangers invités pour ce festival des musiques nomades ?

D’après les informations que j’ai reçues sur les artistes étrangers invités, je connais le groupe malien « Tinariwen » Nous avons joué ensemble en France lors du festival Nancy Jazz Pulsation. Le jour que je devrais me produire, ce sont eux qui m’ont prêté leur turban pour que je danse avec. Cela me fait tellement plaisir qu’ils soient invités que nous nous retrouvions ensemble chez moi en Mauritanie. Cette fois-ci, c’est moi qui vais leur prêter mon turban. C’est la musique, elle permet aux artistes de bouger, de rencontrer et de tisser des relations d’amitié et de fraternité.

Comment voyez-vous, de ces deux dernières années, la marge de progression de la musique mauritanienne ?

Quand on me parle de la progression de la musique mauritanienne, je pense tout de suite à Malouma Mint Meidah. C’est une artiste que je respect beaucoup. Parce qu’elle a beaucoup fait pour la mauritanie. Elle a vraiment fait la promotion de la Mauritanie. Ce que les gens ne comprennent pas que la musique en particulier et la culture en général permettent à un pays de se faire connaître et évidemment de se développer. Seuls les artistes et les footballeurs peuvent faire la promotion d’un pays à travers le monde.

Partout Malouma a mis pied, elle est allée avec le nom de la Mauritanie. A mon niveau, j’essaie de faire ce que je peux pour promouvoir la Mauritanie et j’ai confiance la nouvelle vague des artistes mauritaniens. Ils ne vont pas se dérober à la règle de la promotion de la Mauritanie. Parce que nous n’avons que la Mauritanie comme disait le Président Moktar Ould Daddah : « La Mauritanie sera ce que sa jeunesse en fera »

C’est à nous promouvoir et de construire ce pays qui est la Mauritanie. Cette construction se fera petit à petit. Si avant, nous n’avions pas de festival, maintenant c’est chose faite. Il y a des artistes qui commencent à sortir hors du pays. Je sais que ça va aller Inch’Allah. Il suffit juste de travailler sans relâche et d’y croire. Un jour tout ira pour le mieux sur le plan national et international.

Depuis la transition, les artistes font l’objet d’un intérêt des dirigeants du pays, concrètement qu’est-ce qui reste à faire pour qu’on entende parler de la Mauritanie musicale sur tous les cieux ?

Je ne suis pas un artiste qui critique son pays. Cela, je vous le dis franchement.

Nous ne demandons pas de critiquer ou ne pas critiquer. Ce que nous demandons qu’est-ce que les autorités pourront maintenant faire pour faire la musique mauritanienne sur le rail. Comme la Mauritanie l’est aujourd’hui démocratiquement parlant ?

Je vous ai très compris. Je vous dis que je ne suis pas un artiste qui critique son pays. Mais je suis un artiste qui dit la vérité à qui veut l’entendre. Je dis ce que je pense. Si le gouvernement ne travaille pas, les Mauritaniens souffrent. Je ne manquerai aucune occasion de le dire. Mais je n’ai pas besoin d’aller dire ça aux Etats-Unis et en France. Je le dirai dans mon pays. Je dois m’adresser aux autorités mauritaniennes et non à d’autres personnes. Moi, j’aimerais bien que tous les artistes mauritaniens –soninkés, halpoulars, wolofs et maures- se donnent la main. Et que nous soyons traités sur le pied.

Les autorités doivent encourager les artistes qui travaillent, qui savent faire quelque chose et qui peuvent dignement représenter le pays, un point, c’est tout. Il reste encore beaucoup de choses à faire pour promouvoir la musique mauritanienne. Je profite de cette interview pour remercier Youssou Ndour. Il a beaucoup fait pour moi, en faisant ma promotion pour ne pas dire la promotion de la musique mauritanienne sur le plan international.

Si quelqu’un doit aujourd’hui aider la musique mauritanienne, c’est le ministère de la Culture et de la Communication. Nous devons être motivés par les autorités. Parce que si Ousmane Gangué gagne aujourd’hui le disque d’or. C’est en Mauritanie, je vais l’amener, non ! Et je vais le montrer au Président de la République. C ’est pour dire que je le fais non seulement pour moi, mais aussi pour ce pays. Donc, les autorités doivent savoir gérer les artistes de leur pays.

Comment avez-vous rencontré Youssou Ndour ?

J’ai rencontré Youssou Ndour par le truchement d’un ami Samba Thiam. Il était l’un des conseiller du Président Maâouiya Ould Sid’Ahmed Taya. Nous étions en tournée Monsieur Ould Taya. Le Président m’a remarqué et a dit à Samba Thiam : « Ce jeune-là, il a du talent. Il faut quelque chose pour lui » En guise de réponse ce dernier lui a répondu : « Youssou Ndour, c’est un ami à moi » Et sur le champ, Samba Thiam a appelé Youssou Ndour en lui disant : « J’ai un jeune, il est bien. Tu pourras faire quelque chose avec lui » Youssou Ndour a dit qu’il passe me voir avec une maquette à Dakar. En partant, je lui ai apporté une maquette, il a écouté et dit : « Il n’ y a pas de problème, je compte te produire » C’est ainsi que, nous avons fait la cassette, les clips et la promotion.

Après la sortie de la cassette, je suis revenu en Mauritanie. Youssou continue toujours à faire la promotion de cette cassette avec le groupe « Jololi Band » et tous les artistes de ce groupe. Nous faisons des tournées à travers le Sénégal. Un jour Youssou m’a dit: « Ousmane, je sors un album acoustique ! Je ne sais pas ce qu’on pourra faire ensemble » Sur cet album, ensemble, nous avons fait un morceau extraordinaire. Cet album étant sorti sur le plan international. Il m’a permis d’être vraiment connu sur le plan international.

C’est une expérience enrichissante pour moi. Youssou Ndour me fait participer à certain de ses concerts pour faire juste ma promotion. C’est quelqu’un qui m’aime et qui m’aide. Je tiens vraiment à travailler avec lui. Je serai toujours derrière Youssou Ndour. C’est quelqu’un que j’aime beaucoup et que j’admire. C’est un vrai professionnel, avec lui, on ne peut réussir.

Cette question, nous pourrions nous en passer. Pour la simple raison, qu’il y a un poster d’El Hadji Baaba Maal affiché dans votre salon. Et non celui de Youssou Ndour. Y’a-t-il eu une brouille entre Ousmane Gangué et Baaba Maal comme laisse entendre de nombreuses personnes à Nouakchott ?

Pour répondre à cette question, je préfère donner un proverbe : « On ne peut rien prouver à celui qui nous a appris » C’est Baaba m’appris à faire de la musique. Il est mon miroir. Donc, c’est à lui de me produire ou de me trouver un producteur. Le fait que j’ai aujourd’hui un producteur, il doit être soulagé. Parce qu’il n’a plus à se fatiguer pour moi. Il doit être content en disant me que mon élève essaye d’évoluer avec ses propres ailes.

C’est ce que Baaba Maal me souhaitait. Mais les gens ne comprennent pas et cherchent pas à comprendre. Ils ne comprennent que j’ai un contrat avec Youssou Ndour et que Baaba Maal, c’est mon grand frère. Il est et restera mon idole. Que les gens arrêtent de créer des problèmes là où il n’ y a pas de problèmes. Qu’ils arrêtent de dire du n’importe quoi. C’est mon grand frère qui m’a confié à Baaba Maal, en ce moment, je ne chantais même pas. Pour finir, je dirai à ceux qui ne savent pas que Baaba est mon frère et ami.

Qu’est-ce qu’il y a une collaboration entre Ousmane Gangué et les autres artistes mauritaniens ?

Le fait que je parle des artistes mauritaniens, c’est un plaisir pour moi. Donc, j’apprécie cette question à sa juste valeur. Le courant passe très bien entre les autres artistes mauritaniens et moi. Tout ce que je peux faire pour eux, je le fais volontiers. Les jeunes rappeurs viennent chez moi pour me demander conseiller sur leur projet. Franchement, je leur dis volontiers ce que je pense de leur projet. C’est par mon canal que le groupe de rap « Diam Tekki » est allé participer au Sénégal à l’émission « Star en ligne », le groupe « Milittary underground» sont sortis à la télévision sénégalaise, grâce à moi.

D’autres artistes qui sont ici utilisent parfois mes instruments ou travaillent avec les gens de mon groupe Koode Pinal. C’est pour dire vous qu’il y a une bonne collaboration entre Ousmane Gangué et ses frères artistes mauritaniens. Je respecte les artistes femmes. En ce qui concerne les hommes, ils sont tous mes amis. Ils viennent toujours chez eux pour ne pas dire chez moi. Je n’ai de problème avec personne, franchement parlant. Nous nous rendons services.

Quels sont vos projets à court et long terme ?

Je me prépare pour sortir mon deuxième album. En plus de cela, nous avons des festivals à préparer sur le plan international et l’anniversaire d’Ousmane Gangué. Nous sommes actuellement pris pour ces préparatifs. Pour l’anniversaire, j’aimerais vraiment quelque chose de grandiose en Mauritanie pour et avec la jeunesse mauritanienne. Mais la sortie de mon album, avec le groupe Jololi band, est le projet principal. Nous préparons encore la quinzaine afro dring (18juin 2008 au 2juillet 2008) avec les maisons des artistes et des cinéastes.

Pour finir, qu’est-ce qu’on peut souhaiter à Ousmane Gangué pour les prochaines années ?

Longue vie, plein de succès, avoir le grammy et le disque d’or. Moi, je ne suis qu’un débutant, par conséquent je souhaite avoir tout ça dans ma carrière. Je remercie les journalistes qui se soucient des artistes mauritaniens et mon public. Ce sont les journalistes qui font les artistes. Et c’est grâce à nos fans que nous continuons à travailler, nonobstant nos maigres moyens. Pour finir, je donne rendez-vous, à tous et à toutes, pour découvrir une nouvelle facette d’Ousmane Gangué.

Interview réalisée par Camara Mamady




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