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rjcm
Description du blog :
le blog de tous les journalistes culturels
Catégorie :
Blog Journal intime
Date de création :
10.05.2008
Dernière mise à jour :
26.06.2008

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Une immigration au Canada

Publié le 26/06/2008 à 12:00 par rjcm
A l'occasion du passage de la caravane Afrodream à la "quinzaine des arts de Nouakchott" en Mauritanie, des immigrants mauritaniens de différentes générations ont accepté de parler d''immigration et de leur immigration dans un pays bien différent de la France, le Canada.
Merci à Maïmouna, Netta, Brahim, Mbarek et Sidi pour leur sincérité et leur partage.

Le reportage est à écouter ici : http://charlesmathon.blogspot.com/

Charles MATHON, Montréal, Québec, Canada

La quinzaine des arts de Nouakchott

Publié le 09/06/2008 à 12:00 par rjcm
La quinzaine des arts de Nouakchott

Un partage inédit d’expériences


La Quinzaine des arts démarre ce 18 juin à Nouakchott. Organisée par l’Association Médiation, cet événement culturel propose jusqu’au 2 juillet, une rencontre et des croisements entre plusieurs formes d’expressions artistiques : Cinéma, Musique, Arts plastiques et Littérature. Plusieurs artistes de différentes nationalités – Mauritanie, Sénégal, Maroc, France, Italie, Belgique – participent au rendez – vous et contribuent de ce fait à briser les barrières matérielles et immatérielles qui se dressent entre les peuples. « La frontière comme espace de mouvement, de résistance, de création » est pour ainsi dire, l’emblème de la manifestation. Pour ce faire, les organisateurs entendent favoriser la transversalité en s’appuyant d’abord sur les expériences et les potentialités locales avant de s’ouvrir à d’autres horizons dans un élan de fraternité et de solidarité. Le programme propose des résidences d’artistes du 18 au 27 juin, au Centre culturel français pour ce qui est de l’atelier de la création musicale et au Centre culturel de la Communauté Urbaine de Nouakchott pour ce qui concerne les ateliers d’arts plastiques et d’écriture. La Maison des cinéastes accueille quant à elle l’atelier de réalisation vidéo. Du 23 au 29 juin, la Quinzaine des arts fera un cheminement avec la Semaine National du Film en montant des expositions d’arts plastiques, de photos et des ciné- concerts à l’Ancienne Maison des jeunes et à l’antenne de la Maison des Cinéastes de Ryad. La journée du 26 juin est à l’honneur de l’Université de Nouakchott qui va organiser une table ronde sur « les tendances de la Littérature africaine », une projection – débat du film « Bamako » de Abderrahmane Sissako, un podium théâtral des étudiants, une exposition d’arts plastiques et de photos, une réalisation d’une fresque collective, Lettres et Arts Plastiques et une soirée artistique de musique, poésies et contes. Le 30 juin, on assistera à un concert – forum au Centre culturel français entre les artistes Mouna Mint Dendenni, Diddal Jaalal, Ousmane Gangué, Monza, Momar Kane et Tahra Mint Hembara. Les mêmes musiciens animeront le 2 juillet au Stade de Sebkha le méga – concert final qui s’accompagnera d’un atelier pour les enfants – peinture, lecture, poésie, contes – et d’un spectacle vivant avec la projection de films, le théâtre et l’art plastique. Auparavant, la cérémonie de clôture officielle est prévue au Musée National le 1er juillet et sera l’occasion de montrer au public les créations qui ont découlé des résidences.



Rencontre avec un artiste

Ali Bâ, comédien jusqu’aux os

Ali Bâ est un comédien professionnel mauritanien. Le spécimen est difficile à croiser dans les « théâtres » de Nouakchott. Avec son cheminement, sa maîtrise des nouvelles techniques du spectacle et son talent, grâce à lui, le théâtre mauritanien a fait un bond en avant des quartiers populaires vers des scènes modernes. Attirée par « une simple passion en regardant des comédiens français et surtout les téléfilms africains notamment Burkinabé, je suis allé m’inscrire à l’atelier de Théâtre du Ccf mais je ne pensais que cela devait déboucher sur une carrière » confie – t- il. C’est en effet l’atelier en question qui a propulsé le jeune Ali Bâ ( né en 1979 à Nouakchott ) après moult formations avec des comédiens et metteurs en scène étrangers et des créations personnelles de ce club de théâtre. Ensuite le jeune prodige a pu bénéficier de bourses d’étude dans des écoles internationales de théâtre au Bénin et au Tchad. « Au Bénin, j’ai pu rencontrer des comédiens africains et des metteurs en scène européens avec lesquels on a fait des expériences. Ce qui m’a permi de créer un scénario intitulé, La Fidélité Cravachée que j’ai présenté au Festival de Contes et Arts Mimiques du Bénin. Dans ce pays, j’ai également compté par les invités du plus grand festival de théâtre en Afrique, le FITHEB » précise – t- il. Sur le tableau de chasse de l’artiste on dénombre aussi la présence au Festival International de l’Art Dramatique du Tchad en 2006 et au Festival International du Théâtre pour la Paix de Dakar en 2005. Ali Bâ est également co-auteur et acteur d’un court métrage sélectionné au Fespaco en 2005.
Depuis deux ans qu’il est de retour en Mauritanie, il a crée une structure nommée l’Atelier du Théâtre Nomade avec des amis mais évolue aussi au sein de sa propre compagnie. Ali Bâ a récemment adopté le 29 avril passé au Centre culturel français, le roman d’un illustre écrivain mauritanien, « Que le diable t’emporte de Harouna Rachid Ly » qu’il a intitulé « Le Séjour d’un Diable à Nouakchott ». Le spectacle a été fortement apprécié par le public.



Communiqué de presse


L'Alliance franco-mauritanienne de Nouakchott, située non loin de l'Ambassade du Maroc avenue De Gaulle, a accueilli mercredi 28 mai dernier les acteurs et participants du stage de français destiné non seulement aux agents du Ministère de l’économie et des Finances (MEF) et de l’ONS, mais aussi du Ministère de la Fonction publique et de la modernisation de l’administration (MFPMA).

Lors de cette cérémonie de fin de stage, M. Régis CAMOIN directeur de l'AFM a rappelé les grandes lignes de cette action qui a permis la formation de 250 stagiaires lors du premier semestre 2008.
Lors de deux sessions successives de 4 semaines chacune, en janvier- février puis en mars-avril 2008, les agents ont été formés à raison de trois heures tous les après-midis, de 13h à 16h du dimanche au jeudi, soit 60 heures par session. Les trois heures étaient divisées en deux séquences avec un professeur différent, afin de diversifier les apprentissages tout au long de la formation et de permettre une pause "rafraîchissement". Le nombre important de stagiaires a permis une bonne répartition dans les différents groupes de niveau, de façon à avoir des classes les plus homogènes possibles, et ce après un test systématique de niveau d'entrée. Un groupe supplémentaire d'une dizaine d'agents, de niveau plus élevé, ont suivi des sessions qui avait lieu en fin de journée, mélangés avec des publics d’autres origines que le MEF. Dans la mesure du possible, et compte tenu de leur assiduité, les stagiaires grand débutants de la première session ont suivi également la seconde afin de consolider leur apprentissage.

Mme Françoise GIANVITI, chef du service de coopération et d'action culturelle (SCAC) à l'Ambassade de France, a rappelé que cette formation s’appuie sur le PAFIEM, programme d’appui aux administrations des finances et de l’économie mauritaniennes. Ce projet constitue un cadre de référence pour le financement de la modernisation de l’ensemble des directions des deux pôles, économie et finances. De nombreuses actions individuelles et collectives ont été financées ces dernières années au bénéfice des agents concernés. Au total, le PAFIEM a organisé un total de 550 stages de français à l'AFM depuis 2006, pour une enveloppe de 15 millions d'ouguiyas. La Coopération française, à la demande du MFPMA, va maintenant appuyer un projet concernant l'ensemble de l'administration mauritanienne, avec un objectif de 3 000 fonctionnaires à former en français.

M. Mohamed Ould CHEIKH, au nom du coordonnadeur du programme PREMIER, a exprimé sa satisfaction par rapport au sérieux et à l'assiduité des participants à ce stage. Les tableaux de présence sont là pour l’attester. Jusqu’au dernier jour, l’immense majorité des stagiaires se sont investis dans cette formation et ont passé avec succès les examens finaux. Les indicateurs de qualité ont progressé d’une session à l’autre depuis 2006 (pour la dernière session, 78 % des stagiaires ont passé l'examen final, avec 92 % de réussite). Cela s’explique en grande partie par les efforts de chaque direction pour la bonne identification des besoins de formation de ses agents, avec la mise en place d’un réseau des responsables Ressources humaines, impliquant 8 coordonnateurs (DGB, DGTCP, DGI, DGD, DGPE, Economie, ONS, MFPMA) sous la supervision d’un coordonnateur national, relevant du programme PREMIER. M. CHEIKH a remercié chaleureusement l’ensemble des formateurs et de l'équipe pédogique de l'AFM, qui ont fait preuve de dynamisme et de professionnalisme.

Les stagiaires présents se sont vu remettre une attestation de formation à l'issue de cette cérémonie. Le Directeur de l'AFM a offert aux premiers de chacun des groupes un ouvrage de français, comme récompence des efforts fournis. Enfin une petite collation était offerte pour clôturer de façon conviviale cette opération qui aura mobilisé beaucoup d'intervenants et d'agents, en vue d'une amélioration du fonctionnement des services au quotidien

DJIBRIL HAMET LY, L’ARBRE A LA COUR CRIMINELLE

Publié le 26/05/2008 à 12:00 par rjcm
DJIBRIL HAMET LY


L’ARBRE A LA COUR CRIMINELLE



PIECE THEATRALE
EN 4 ACTES, 25 SCENES
UN PROLOGUE
UN EPILOGUE
PRIMEEEN MARS 2008 PAR
LE PRESIDENT DE LA COMMUNAUTE URBAINE DE NOUAKCHOTT
LE SECRETAIRE GENERAL DE LA COMMISSION NATIONALE MAURITANIENNE POUR L’EDUCATION, LA CULTURE ET LES SCIENCES


Extrait









PROLOGUE
Le soleil se lève, se couche
La terre tourne, retourne
Les choses bougent mais restent en place
Ou restent en place mais bougent
Dans les têtes ça bouge, ça tourne

Certains yeux voient le chemin, le contournent
Des esprits du bien se détournent
D’autres vers le bien se tournent

Les langues aussi tournent,
Sept fois tournent

Où sommes-nous
Que faisons-nous
Que deviendrons-nous ?

Agir
Et ne pas perdre de temps
Car la vie est de temps

Agir
Pendant qu’il est temps
En même temps

Agir
Vite
Tous
Pour le bien de tous ACTE III. LE PROCES

SCENE 17

Sur la scène, les deux avocats, chacun assis à sa table. Ils sont en retrait par rapport
à l’Avocat Général et la cour. Le bureau de l’Avocat général est placé à gauche, perpendiculairement à celui de la cour. Le bureau du Greffier en chef est à droite, en face de celui de l’Avocat général.
Les accusés, les témoins et la victime ne sont pas sur scène.
La barre est placée devant la Cour.
L’Huissier: La cour !


L’Arbre à la Cour Criminelle. De Djibril Hamet LY



Le Président :
S’asseoit, tape sur son bureau avec un maillet.
Assis…!

(Tout le monde s’assoit)
L’audience est ouverte.
Faites entrer le premier prévenu.
(Le Charbonnier, conduit par un policier se présente à la barre).
Déclinez votre identité.


Brûle -Tout- Bois :
Je m’appelle Alhajji Binta-Yeyyaa-Le-Charbonnier dit Brûle-Tout-Bois,
né il y a cinquante ans passés, ici- même. Je suis marié, père de douze enfants. Je suis charbonnier : c’est ma profession.

Le Président:
Jurez de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité. Levez la main droite et dites : « Je le jure ! »

Brûle -Tout- Bois :
(Lève la main droite)
Je le jure !



Le Président :
Bien ! Brûle-Tout-Bois, vous êtes accusé d’avoir coupé beaucoup de bois, d’avoir brûlé, dans d’innombrables fours, des arbres hélas souvent verts, pour faire du charbon. Vous n’auriez distingué ni zones libres, ni forêts classées.
Reconnaissez-vous les faits qui vous sont reprochés ?

Brûle -Tout- Bois :
Monsieur le Président, c’était pour nourrir ma nombreuse famille. Par ailleurs je rendais service aux ménagères : elles en avaient besoin pour faire la cuisine.


Elles me sollicitaient sans cesse et parfois me faisaient même travailler contre mon gré.
Pour les forêts classées, j’y ai une seule fois fait des fours, par ignorance.

Le Président : (Agacé, frappe du maillet sur le bureau)
Répondez à la question par « oui » ou par « non » : reconnaissez-vous les faits qui vous sont reprochés ?

Brûle -Tout- Bois :
… Oui, Monsieur le Président.
L’Arbre à la Cour Criminelle. De Djibril Hamet LY



Le Président:
A votre place !
Faites venir le second prévenu.
(Le boisselier entre)
Nom, âge et lieu de naissance, situation familiale, profession.
Coupe-Tout-Bois:
Je suis Malaw-Labbo–le-Boisselier, plus connu sous le nom de Coupe-Tout-Bois. J’ai vu le jour ici, depuis une soixantaine d’années. Je suis marié. J’ai dix-huit enfants que je nourris, habille, soigne et scolarise avec les recettes du bois que je coupe et que je vends surtout sous forme d’articles ouvragés : je suis boisselier donc un artisan du bois.
Le Président:
Jurez de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité.
Levez la main droite et dites : « Je le jure ! »
Coupe-Tout-Bois (Lève la main droite)
Je le jure !
Le Président:
Vous êtes accusé d’avoir coupé des plantes en très grande quantité: tantôt vous déchiquetteriez du bois sec, tantôt vous abattriez et tueriez de grands arbres verts pour les découper ensuite à votre convenance. Les enquêtes ont établi, et vous l’avez reconnu pendant l’instruction, que vous choisissez toujours les meilleures essences, que ces dernières ont pratiquement disparu des forêts.
Qu’en dites-vous ?

Coupe-Tout-Bois (Protestant prudemment):

Mais, Monsieur le Président…

Le Président: (Perdant patience, tape sur la table et gronde).
Ni «mai» ni «juin» !

Reconnaissez-vous l’accusation qui est portée contre vous ? Répondez directement à la question par « oui » ou par « non » !

Coupe-Tout-Bois (Baisse la tête ): … Oui

Le Président :
Allez vous asseoir.
…………………….
Faites entrer le plaignant.

SCENE 18

(L’Arbre entre)
Jurez de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité.
Levez la main droite et dites : « Je le jure ! »

L’Arbre à la Cour Criminelle. De Djibril Hamet LY


L’Arbre (Lève la main droite)
Je le jure !

Le Président :

J’ai lu avec une grande attention votre plainte comme les divers procès verbaux et dépositions. Vous avez été entendu pendant l’instruction: qu’avez-vous à dire, aujourd’hui pour obtenir la réparation du tort dont vous vous estimez victime ?

L’Arbre :

Je m’appelle Arbre. Je suis un élément essentiel de la Nature et de la vie.
Mes racines’enfoncent dans la terre nourricière dont est fait l’Homme. Mon corps est recouvert d’une écorce protectrice : il est vigoureux et respire la santé. En guise de chevelure, ma tête est couronnée d’un tendre et reluisant feuillage vert. Mes multiples bras saisissent l’insaisissable : ils embrassent l’air et distribuent par mes feuilles et fleurs le bonheur à tout ce qui vit et respire.
Mon origine est perdue dans la nuit des temps : il n’est point de
Mémoire pour se rappeler mon âge et ne je ne sais qui de l’Homme ou de moi est le plus ancien sur terre. Peu importe, du moment que l’Animal-Vertical- Bipède-Chevelu, par ses sollicitations de tous les jours reconnaît qu’il ne peut se passer de mes services et ne peut vivre sans moi.
Et pourtant cet inconscient me tue, m’anéantit.


Et pourtant, Monsieur le Président, mes parents ont été assassinés.
Tous… Massacrés par dizaines, par centaines, sans arrêt, continuellement,
quotidiennement. Un nombre incalculable de mes frères ont disparu du fait de mains méchantes, de mains criminelles…

Qu’avons-nous donc fait pour mériter pareil traitement, j’allais dire pareille ingratitude ? Qu’ai-je fait ? Qu’ai-je fait et qu’ont fait les miens d’autre que de rendre de précieux services : embellir et protéger, nourrir et soigner, éveiller, égailler, fournir le confort …?

J’offre à l’Homme une amitié sincère et utile, indispensable et viable. J’aurais tant souhaité qu’il prenne la main que je lui tends, au lieu de la trancher avec un instrument affûté…

Je lui ouvre un cœur pur, sans calcul. J’aurais tant été heureux, tant espéré de sa part un élan réciproque plutôt qu’un ardent feu mortel, un feu anéantisseur…

Monsieur le Président, où est le bosquet protecteur des agneaux, des cabris et des veaux ? Où est le bosquet -refuge, caisse de résonance des
L’Arbre à la Cour Criminelle. De Djibril Hamet LY

mélodieux chants des oiseaux des lueurs matinales et des fraîcheurs vespérales ?

Disparus.

Où est passé le bois villageois, le bois enjoliveur, qui protégeait des regards indiscrets, des poussières polluantes, des souffles brûlants de l’harmattan de la saison chaude et des gifles glaciales de la saison froide ? Où sont les haies vives salvatrices des cultures ? Où est le bois sacré dans lequel les jeunes circoncis venaient passer leur secrète retraite initiatique ?
Disparus.

Où est l’ombrageux arbre hospitalier sous lequel se restaurait le voyageur avant de poursuivre son long et laborieux chemin ? Où est cet arbre touffu auquel les oiseaux confiaient leur progéniture? Où sont ces arbres qui formaient des nids lacustres, havres de paix, où vivaiet une harmonieuse gent aquatique, où se désaltéraient les personnes, les animaux domestiques comme les fauves ? Cours d’eau qui rythmaient la vie des êtres ?
Disparus.

Où sont les essences qui fournissaient racines, écorces, feuilles, fleurs et fruits tant pour la nourriture que pour les soins ?
Disparues.

L’Homme a tout détruit. Tout. Aveuglément. Méchamment.

Je n’en peux plus, Monsieur le Président, de supporter tant de haine, tant de négation de la vie. De négation de ma vie. Je n’en peux plus !

Je suis impuissant devant les haches des coupeurs et les feux des brûleurs. Mon seul et unique recours est de me tourner vers ceux qui ont la noble tâche de redresser les torts et de rétablir la justice. Vers vous, Monsieur le Président, symbole et garant de cette justice indispensable à l’équilibre de la vie sociale. Justice sans laquelle les plus forts détruiraient les plus faibles.

Voilà pourquoi j’ai porté plainte pour que je sois entendu. Pour que la terre se souvienne. Pour que je ne disparaisse pas à tout jamais de la surface du globe. Que cette disparition n’entraîne pas, non plus, celle du genre humain et de tous les êtres vivants…
Sauvez-moi. Sauvez la nature. Sauvez l’humanité.

Voilà tout, Monsieur le Président…

Cependant, j’ai une doléance : me permettriez-vous d’adresser une prière à l’Homme ?

Le Président :
Une prière ? (Consulte ses assesseurs)
…Mais, bien sûr, allez-y
L’Arbre à la Cour Criminelle. De Djibril Hamet LY


L’Arbre :

Voici ma prière:
Homme !
Vois-tu, je perpétue la vie
J’œuvre pour ton bonheur
Je lutte contre ton malheur

Je participe au confort de ta demeure
Vois ton lit, ton tabouret, ton meuble à étagères
Ta table et ton tableau
Vois l’écuelle dans laquelle tu cueilles le lait nourricier
De tes vaches, chamelles, chèvres et brebis
La calebasse dans laquelle tu conserves tes aliments

Réfléchis :
Laisse-moi vivre,
Je te prie
Je te supplie

Je te fournis tes instruments de travail
C’est grâce à moi que le manche de ta houe existe
Qu’existent ta scie, ton marteau, ta pelle et ta pioche

Réfléchis :
Laisse-moi vivre,
Je te prie
Je te supplie

Je contribue à ton alimentation :
Où trouverais-tu les fruits que tu aimes tant
Si je disparaissais ?
Les feuilles de ta succulente sauce ?

Réfléchis :
Laisse-moi vivre,
Je te prie
Je te supplie

Homme !
Vois-tu, je perpétue la vie
J’œuvre pour ton bonheur
Je lutte contre ton malheur

L’Arbre à la Cour Criminelle. De Djibril Hamet LY

Sans moi la chaîne de la vie s’interrompt,
Moi, symbole des végétaux
Moi protecteur des animaux
Sans moi plus jamais tu n’entendras
Les beaux chants des oiseaux
Sans moi la pluie s’enfuit
Et le désert t’envahit

Réfléchis :
Laisse-moi vivre,
Je te prie
Je te supplie

Homme !
Grâce à moi tu respires de l’air pur
Et le firmament, de bons lendemains, augure
Grâce à moi les ciels sont de bonheur
Et de toute beauté
Grâce à moi, point ils ne cracheront
Des flammes d’enfer

Réfléchis :
Laisse-moi vivre,
Je te prie
Je te supplie
A genoux

Homme !
Ecoute ma prière :
Ne me détruis pas

Telle est la prière que j’adresse l’homme.
Me tournant vers vous, garant de la loi, je crie justice, de tout ce qui me reste encore comme force..
J’ai foi en la Justice. Je demande réparation…
Merci, Monsieur le Président.

SCENE 19

Le Président :
Le 1er témoin, à la barre.
…………………………….
Déclinez votre identité.
Ménagère Consciente (Témoin à charge) :
Je m’appelle Ménagère Consciente. J’ai 40 ans. Je suis native et citoyenne de ce terroir. Je vis dans une famille harmonieuse: épouse d’un
L’Arbre à la Cour Criminelle. De Djibril Hamet LY

homme avec lequel je m’entends à merveille, mère de six charmants enfants
que j’adore et qui me chérissent, Dieu merci. Comme profession, je suis femme au foyer. Et je ne m’en plains pas.

Le Président :
Madame Ménagère Consciente, jurez de parler sans haine ni crainte, de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité.
Levez la main droite et dites : « Je le jure ».

Ménagère Consciente (Lève la main droite):
Je le jure.
Le Président :
Nous écoutons votre témoignage, Madame.

Ménagère Consciente:
Monsieur le Président, c’est vrai, le charbon nous est très utile. C’est vrai aussi que nous nous servons du bois de chauffe. Et c’est également vrai que nous avons beaucoup d’ustensiles, meubles et divers objets fabriqués à partir du bois.

Cependant, mes amies femmes et moi-même avons toujours mis en garde nos frères Coupe-Tout-Bois et Brûle-Tout-Bois de tout couper et tout brûler. Nous leur avons sans arrêt dit que c’est le bois sec qui protège le bois vert. Ils ont toujours fait la sourde oreille. Ils nous ont tantôt raillées, tantôt
grondées, nous intimant de nous contenter de profiter des services qu’ils nous rendaient en nous servant ce dont nous avions besoin et que nous ne pouvions obtenir sans eux. Ils nous lançaient aussi à la figure que nous ne pouvions pas vouloir et avoir une chose et son contraire.
A notre tour nous leur répondions avec fermeté que désormais le gaz domestique et d’autres substituts à leurs produits existaient et qu’il fallait apprendre à devenir raisonnables. Que de toute façon les temps changeaient et qu’ils perdraient un jour ou l’autre leur profession.
Ils ont continué à tuer l’Arbre qui nous manque cruellement aujourd’hui.
Il ne pleut plus.
Ils ont détruit l’Arbre à palabre sous lequel toute la vie de la communauté se discutait et s’organisait.

Les plantes qui nous permettaient de soigner de nombreuses maladies ont disparu pour la plupart.
Nos enfants n’auront pas malheureusement le bonheur de connaître certains jeux. De nombreuses activités liées à la vie de l’arbre, beaucoup d’aspects de nos langues, de nos cultures, de nombreuses préparations culinaires seront à jamais compromis à cause du péril de l’Arbre. On ne trouvera plus certains fruits: les arbres qui les portaient ont été décimés par les destructeurs. Les pâturages se sont raréfiés et les animaux domestiques qui en vivaient morts en grand nombre. La faune si abondante il y a quelques années a disparu parce que n’ayant plus où s’abriter ni de quoi s’alimenter: la vie de chaque être est dépendante de celle des autres.
L’Arbre à la Cour Criminelle. De Djibril Hamet LY

Ceci veut dire que la vie de l’Homme aussi est gravement menacée : si la nature disparaît, l’Homme aussi disparaîtra avec.
Voilà le témoignage que je voulais apporter, Monsieur le Président, pour aider à l’amélioration du comportement de l’Homme et du sort de l’Arbre.

Le Président :
Le 2e témoin, à la barre.
…………………………….
Déclinez votre identité.
Femme- Modérée (Témoin à décharge)
Je m’appelle Femme Modérée, 55 ans, mère de huit enfants et grand-mère de vingt-deux autres que j’élève avec amour et qui me donnent une raison de vivre. Je suis venue ici à l’âge de quinze ans pour partager le bonheur avec mon défunt mari qui m’a malheureusement quittée, il y a dix ans. Paix à son âme.

Le Président :
Madame Femme Modérée, jurez de parler sans haine ni crainte, de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité.
Levez la main droite et dites : « Je le jure ».

Femme Modérée (lève la main droite):
Je le jure.
Le Président :
Madame Femme Modérée, que savez-vous du conflit qui oppose l’Arbre aux Sieurs Coupe-Tout-Bois et Brûle-Tout-Bois ?
Nous écoutons votre témoignage.

Femme Modérée:
J’ai discuté avec l’Arbre qui se plaignait comme avec Monsieur Coupe-Tout-Bois et Monsieur Brûle-Tout-Bois. Je m’entends bien avec tous.
Avec les deux derniers nous sommes tombés d’accord que la destruction de la forêt portait un grand préjudice à l’équilibre de la vie. Nous avons retenu qu’ils feraient un effort pour être raisonnables dans leur exploitation forestière. Ils m’ont avoué très sincèrement que la désertification de notre pays les préoccupait beaucoup, qu’ils seraient prêts à participer à la reforestation en collectant par exemple la meilleure semence d’essences locales qu’ils cueilleraient dans les profondeurs des forêts à l’occasion de leurs sorties.
J’ai fait part à l’Arbre de cette manifestation de bonne volonté. Fort malheureusement, aucune possibilité ne s’est jusqu’ici offerte pour permettre à Monsieur Coupe-Tout-Bois et Monsieur Brûle-Tout-Bois de concrétiser leur volonté : j’ai invité les organisations de femmes à prendre des initiatives
puisque les hommes n’y pensaient pas. Mais de pareilles entreprises demandent parfois de longs préparatifs. Par conséquent, nous n’avons pas encore commencé, même si nous sommes toutes d’accord voire des fois enthousiastes.
Voilà ce que j’en sais, Monsieur le Président.
L’Arbre à la Cour Criminelle. De Djibril Hamet LY

(Le président lui fait signe de remerciement et d’invite à aller se rasseoir.)

SCENE 20
Le Président :
Madame l’Avocate Générale, vous avez la parole.
L’Avocate Générale :
Monsieur le Président, ces deux accusés, d’ailleurs aux noms fort évocateurs (puisqu’ils s’appellent Coupe -Tout –Bois et Brûle-Tout-Bois), ont commis des crimes abominables. Ils ont bel et bien tué. Avec calcul, avec préméditation. Froidement.
Ils ont détruit des vies entières : les arbres et ce qui vivait sous les arbres, ce qui vivait sur les arbres, ce qui vivait dans les arbres…
Ils ont massacré, anéanti ce qui vivait par les arbres, ce qui vivait pour les arbres, ce qui vivait à travers les arbres.
Les services que ces deux plus grands criminels de notre époque, j’allais dire de tous les temps, prétendent avoir rendus ne sont en fait que d’égoïstes et mesquins profits personnels: ils ont supprimé des vies pour vivre, détruit pour s’enrichir, massacré, anéanti d’innombrables êtres pour nourrir leurs misérables êtres.
Aucune réparation ne pourra être à la mesure du tort porté à l’Arbre. Qui pourra jamais lui rendre un jour ce qu’il a perdu pour toujours?
Quelle circonstance atténuante pourrait-on trouver à ses destructeurs? A ces anéantisseurs ? Aucune. Absolument aucune.
Ils doivent être punis. Sévèrement. Que la peine cinglante qui leur sera infligée serve d’exemple aux hommes et aux femmes d’aujourd’hui et des générations à venir. Que plus jamais pareils crimes ne soient commis. Plus jamais ça ! Plus jamais ça ! Plus jamais ça !
Vous leur appliquerez donc la loi. Dans sa plus grande rigueur. Dans sa plus grande sévérité. Sans pitié. Aucune.
Merci, Monsieur le Président.

SCENE 21

Le Président :
Avocat de la partie civile, vous avez la parole.
Avocat N°2 de la partie civile :
Je souhaiterais, Monsieur le Président, poser des questions d’abord à Madame Femme Modérée puis aux deux prévenus.

Le Président : Faites

Avocat N°2 de la partie civile :
Madame Femme Modérée, vous affirmez que vous vous entendez à merveille avec les prévenus, que vous leur avez parlé : les avez-vous déjà rencontrés isolément ou ensemble ? Conseillés chacun à part ou alors qu’ils étaient ensemble ?

Avocat N°2 de la Défense : Questions sans objet, Monsieur le Président !
L’Arbre à la Cour Criminelle. De Djibril Hamet LY

Le Président : Objection rejetée ! Répondez, Madame Femme Modérée.

Femme Modérée : Je leur ai parlé tantôt isolément, tantôt ensemble, autour d’un thé .

Avocat N°2 de la partie civile :
Je vous remercie, MadameFemme Modérée. ..
Messieurs Coupe-Tout-Bois et Brûle –Tout-Bois, Vous êtes amis, apparemment ?

Avocat N°3 de la Défense : Cette question n’a rien à voir avec le procès !

Avocat N°2 de la partie civile :
Soit... Messieurs, vous est –il arrivé d’aller ensemble en forêt ?

Brûle-Tout-Bois: Oui

Avocat N+2 de la partie civile :
De discuter des problèmes qui se posent à vous dans l’exercice de votre métier ?

Avocat N+2 de la défense : Je proteste, Monsieur le Président

Le Président
La question est pertinente. Répondez.

Coupe-Tout-Bois : En effet nous partageons assez souvent nos préoccupations par rapport à la diminution très remarquable de la forêt et de la réduction de nos ressources consécutive à cette diminution.

Avocat N° 2 de la partie civile :
C’était tout, Monsieur le Président

Le Président
Rejoignez vos places.

Avocat N° 2 de la partie civile :

Monsieur le Président, permettez-moi d’abord de me féliciter et de féliciter la Justice de notre pays d’ouvrir ce procès unique en son genre.
Pour la première fois au monde, des hommes et des femmes ont l’intelligence et le courage de s’arrêter et d’interroger des pratiques plusieurs fois séculaires, des pratiques qui passaient pour normales, pour naturelles. Notre pays est le premier au monde à dire, de manière radicale : « Non à la destruction de l’Arbre ! » en mettant la main sur ses criminels et les armes du crime.
« Le Procès des criminels de l’Arbre ! » : ne voilà-t-il pas une innovation qui pourrait servir d’exemple à d’autres pays ? D’autres communautés ?
L’Arbre à la Cour Criminelle. De Djibril Hamet LY

Avocat N°3 de la partie civile
Avant d’entrer dans le vif du sujet, j’aimerais vous présenter mon client.

Qui dans cette salle, Monsieur le Président, connaît véritablement l’Arbre …?
Oui, je sais que chacun l’a déjà vu. Oui, je sais que chacun a bénéficié de ses bienfaits. Oui : chacun croit bien le connaître de A à Z.
Depuis qu’il a décidé de me constituer, j’ai eu le temps de beaucoup discuter avec lui et surtout de beaucoup l’écouter et comprendre. Permettez-moi de vous le faire découvrir réellement afin que vous appréciiez encore mieux la situation, soyez davantage éclairé et puissiez mieux encore prendre la bonne décision.
Qui est donc l’Arbre ?
C’est lui :
• l’Acacia ataxacantha, l’acacia macostocha, l’acacia pennata, le Guumi
• l’Acacia albida, ou Faidherbia albida, le Caski
• l’Acacia laeta, l’Acacia Senegalensis, le Pattuki
• l’Acacia tortilis, l’Acacia raddiana, l’Acacia ehrenbergiana, le Ciluki
• l’Acacia sieberiana, l’Alluki
• l’Acacia nilotica, le Gawdi
• l’Acacia seyal, 
• l’Adansonia digitata, le
• l’Adonium obesum, le 
• l’Agogeissus leiocarpus, le Kojoli
C’est encore lui
• le Balanites aegyptiaca, le Muratooki
• le Bauhinia refuscens, le Nammaadi
• le Borrasus frabellifer, le
• le Boscia senegalensis, le Gijili

C’est toujours lui
• le Capparis decidua, le Guumi
• le Celtis integrifolia, le Ganki
• le Coculus pendulus, le Lawi
• le Combretum glutinosum, le 
• le Crataeva religiosa, le Bani
• le Commiphora africana, le Baddi
L’Arbre c’est
• le Dalbergia melanoxulon, le Jalammbaani

Il est aussi
• le Guiera senegalensis, le Gelooki
• le Grewia bicolor, le Kelli
L’Arbre à la Cour Criminelle. De Djibril Hamet LY



Il est également
• l’Hyphaenethebaica, le Gelloowi
• l’Indigofera oblongifolia, le Boruwal
• et le Lawsonia inermis, le
N’est-ce pas lui
• le Maerua crassifolia, le Tiireewi?
• le Mimosa Pigra, le Gaanngi?
• le Mitragyna inermis, le Koyli?
• le Mytragina intermis, le Kojoli?

Oui, c’est l’Arbre qui est
• le Phoenix dactylifera, le Tamaroowi
• le Piliostigma reticulata, le Barkeewi
• le Salvadora persica, le Guddi
• le Tamarindus indica, le Jammi

Enfin, pour ne pas rendre fastidieuse cette présentation par ailleurs fort partielle, l’Arbre c’est
• le Zyziphus mucronata ou Zyziphus spina-christi, le 
• et le Zyziphus lotus ou Zyziphus mauritania, le et le 

C’est celui-là l’arbre, pluriel, que chacun croit connaître, que tout le monde ignore en réalité et auquel on n’a jamais suffisamment prêté attention.

C’est lui qui intente un procès contre ceux qui attentent méthodiquement à sa vie, sans que personne avant aujourd’hui ait réellement fait ce qu’il fallait pour y mettre fin. Il a fallu qu’il porte plainte…
(Se tait et se concentre pendant de longues secondes de suspens et passe à l’attaque)
Avocat N°1 de la partie civile
Vous destructeurs, vous tueurs, vous rendez la vie de plus en plus moche, de plus en plus austère, de plus en plus difficile.
La nature n’est plus belle. Il ne pleut plus.
Les objets en bois deviennent de plus en plus rares, de plus en plus chers.

Avocat N° 3 de la défense ( interrompant son confrère) :
Il faut bien vivre, non ?

Avocat N°2 de la partie civile (répliquant) :
Avez-vous le droit de tuer pour vivre ?

Avocat N°2 de la défense :
Parfois cela peut s’avérer fort nécessaire et même indispensable: que faites-vous
pendant la fête de Tabaski ou lorsque vous offrez un méchoui à des amis ?

L’Arbre à la Cour Criminelle. De Djibril Hamet LY

Pouvez-vous manger du mouton sans en égorger?
Et le riz au poisson dont vous raffolez tant : pouvez-vous consommer du poisson sans mettre fin à des vies ?
Ne dramatisons pas outre mesure, des choses si ordinaires.

Le Président :
Silence Maître! Attendez d’avoir la parole.

Avocat N°2 de la défense :
Toutes mes excuses, Monsieur le Président.

Le Président :
Poursuivez Maître Sara Kaba KANTE

AvocatN°1 de la partie civile (poursuivant sa plaidoirie) :
Allons, donc ! Qui parle de ridicule ?
Cher confrère, vous êtes très mal parti : voulez-vous justifier la mort
d’êtres innocents ? Voulez-vous mettre sur la même balance ce que l’on ne peut appeler que crime, et ce qui est, vous le dites si bien, vous-même, nécessaire voire indispensable à la continuité de la vie humaine ?
Soyez lucide : ne faites pas d’amalgame !

Avocat N°3 de la défense :
Et, vous, confrère, pensez-vous que…

Le Président:
Je vous prie, la Défense, gardez votre calme et attendez votre tour. Continuez , Maître Sara Kaba KANTE

Avocat N°1 de la partie civile (poursuivant sa plaidoirie)
Monsieur le Président, mon confrère, Maître Zeïnebou ATIGH en conviendra bien avec moi : les Sieurs Coupe-Tout-Bois et Brûle-Tout-Bois ont tué. Ils ont récidivé et auraient pour sûr continué indéfiniment si la main de la justice n’avait pas mis fin à leurs activités périlleuses, plus, assassines .
Madame Ménagère Consciente nous a éclairés sur l’entêtement effronté des deux accusés à poursuivre leur massacre, malgré les mises en garde de ces braves femmes, ces citoyennes exemplaires dont devraient s’inspirer les hommes.
Même à travers le témoignage de la très respectable et très sage Madame Femme Modérée, on peut lire un manque de bonne volonté de la part de ces deux anéantisseurs: lorsqu’on a commis une forfaiture, lorsqu’on est auteur d’une faute aussi lourde que celle d’un crime, on s’arrête et on se repent ; on ne continue pas. Or ils ont continué.

Tous, nous avons été profondément émus par la déclaration palpitante de l’Arbre. Même les coeurs les plus durs, les plus insensibles ont été troublés, ébranlés. Avons-nous bien perçu le sens du message de la prière que l’Arbre adresse à l’Homme ? Nous sommes interpellés tous et chacun.
L’Arbre à la Cour Criminelle. De Djibril Hamet LY

Lorsqu’on prie on est loin de la haine. L’Arbre n’est pas vindicatif. Il n’est pas revanchard : il demande simplement que cesse l’anéantissement de son espèce. Pour le bien de l’Homme et de la Vie. Il réclame justice.

Monsieur le Président, je n’en ai aucun doute : justice sera rendue. Pas à l’Arbre. Mais à l’Homme, même contre sa volonté. A la Vie.
Je demande l’application de la loi.
Je vous remercie

SCENE 22
Le Président:
Avocat de la défense, vous avez la parole.

Avocat N°2 de la défense :
Monsieur le Président, je souhaiterais, si vous le permettez bien sûr, entendre mes deux clients.

Le Président
Bien. Accusés, à la barre.
(Coupe-Tout-Bois et Brûle-Tout-Bois se présentent à la barre).
Allez-y !
Avocat N°2 de la défense :

Monsieur Brûle-Tout-Bois, à qui devez-vous votre nom ou plutôt votre
surnom ?

Brûle -Tout- Bois :
A mes deux cousines Kura Wan et Maam Soh, filles de mes tantes. Celles-là, elles sont terribles : quand elles vous collent un surnom, il vous accompagne pour le reste de vos jours.

Avocat N°2 de la défense :
Pourquoi menez-vous cette activité ?

Brûle -Tout- Bois :
Je suis un honnête citoyen. Je vis et fais vivre ma nombreuse famille à la sueur de mon front. Et je vous assure que plus d’une fois j’ai été assailli par les femmes parce que le charbon manquait. C’est avec du bon charbon que le plus grand nombre de ménagères font la bonne cuisine.
C’est avec le charbon qu’elles brûlent l’encens pour parfumer les boubous que ces charmantes personnes portent pour aller à une fête ou pour embaumer les demeures surtout le soir ou lorsque la fraîcheur invite à rester à l’intérieur.

Avocat N°2 de la défense :
Je vous remercie, Monsieur.
Et vous, Monsieur Coupe-Tout-Bois, qui vous a affublé d’un nom aussi
L’Arbre à la Cour Criminelle. De Djibril Hamet LY

terrible à certaines oreilles ?

Coupe-Tout-Bois :
Mon Grand-père à mon jeune âge. Et on ne m’a plus appelé que par ce surnom.
Avocat N°3 de la défense :
Pourquoi avez-vous continué à couper du bois alors que vous avez observé la disparition des forêts et l’avancée du désert ?
Coupe-Tout-Bois :
L’homme, de tout temps, a coupé du bois. Il y va de l’équilibre de la vie qui est une alternance , une cohabitation de la vie et de la mort : la vie est présente dans la mort et vice versa la mort partie intime de la vie…

Non, je ne suis pas la cause de la disparition des forêts : même si je cesse mes activités, des arbres continueront de mourir, le désert d’avancer. Des dizaines de milliers d’hectares de forêts ont été consumés en Europe, en Amérique et ailleurs. J’y suis pour quoi ?

Avocat N°2 de la défense :
Il paraît que vous choisissez toujours les meilleures essences, parfois en vie, pour les couper?

Coupe-Tout-Bois :
Le bois mort, on ne le coupe en général que comme bois de chauffe ou pour certains besoins peu exigeants au point de vue qualité ou esthétique.
Je m’excuse, Maître : je voudrais bien dire quelque chose mais je ne sais pas si je l’ose …

Avocat N°3 de la défense :
Mais bien sûr que vous l’osez : dites tout ce qui peut éclairer ce procès du siècle. Vous avez des choses importantes à partager. Parlez !

Coupe-Tout-Bois :
Observez bien les meubles de cette salle : bureaux, chaises, etc. et autour de vous : portes, fenêtres… Le bois qui a servi à les fabriquer est du bois de qualité. Il est coupé alors qu’il est en vie puis il est traité…

C’est avec du bois de qualité que je fabrique la belle écuelle- de la laitière, la lahal-calebasse de la ménagère, l’undugal- pilon et le wowru-mortier de la pileuse.
Par ailleurs, le tabalde-tam-tam de chefferie comme des rassemblements festifs, le mbaggu- tambour des réjouissances, celui des arènes de lutte, de la place du village au clair de lune comme les -tambours-de-guerre ont leurs exigences de qualité. Le buubaa-tambourin-à-aisselle au rythme irrésistible, également. Mais aussi, la musicalité de la coorumbal-flûte, la guitare du  (8), le aaooru- violon, la moolo-monocorde ne peuvent souffrir de la médiocrité du choix que ne pardonneraient aucun artiste professionnel, aucun mélomane averti.
Que serait notre culture, que deviendrait la place du village sans la

L’Arbre à la Cour Criminelle. De Djibril Hamet LY

musique ? Que serait la vie sans la musique ? Cette musique qui ne peut se passer du bois ? De ce bois de qualité ? De ce bois noble que ne peuvent offrir que les essences de premier rang, de premier choix?

L’on ne confectionne pas non plus la crosse du fusil avec n’importe quel bois.
Et la pirogue donc, ce formidable moyen de pêche et de voyage, de transport et de sport ? Pour fabriquer une pirogue, l’on choisit toujours le plus grand arbre possible des meilleures essences afin qu’elle ait une grande
capacité et résiste au temps et aux eaux, tout en étant très efficace. Ses pagaies, son mât … Tout est beauté. Tout est noblesse. Tout est grandeur.

Avocat N°3 de la défense (S’adressant à ses deux clients) :
Que savez-vous du Code Forestier ?

Les Prévenus : C’est quoi, le Code Forestier ? Jamais entendu !

Avocat N°2 de la défense
C’est la réglementation de notre comportement par rapport à la forêt.
L’accepteriez-vous si l’on vous proposait d’autres possibilités de travailler et de nourrir vos familles?

Les Prévenus (dans un même élan):
Bien sûr !

SCENE 23

Avocat N°2 de la défense :
Merci, Messieurs pour votre précieuse contribution qui permettra pour sûr de tempérer certaine ardeur et de rapprocher les esprits et les cœurs…

Le Président :
Accusés, rejoignez votre place…
Poursuivez, Maître…

Avocat N°1 de la défense :

Monsieur le Président, mes deux clients, loin d’être des criminels, sont d’honnêtes citoyens…
Qui n’a pas eu recours à leurs services ?
Qui, dans ces lieux, n’a pas mangé un délicieux repas savamment préparé, un appétissant et savoureux méchoui qu’on n’aurait pas pu déguster sans Monsieur Brûle-Tout-Bois ?

Sauf respect pour tout cet honorable monde qui est dans cette auguste salle, qui n’est pas confortablement installé dans un fauteuil rembourré,
devant un luxueux bureau fabriqués à partir d’un bois minutieusement

L’Arbre à la Cour Criminelle. De Djibril Hamet LY

sélectionné, savamment coupé et courageusement transporté des profondes et lointaines forêts par ce brave Coupe-Tout-Bois ? Nous lui devons les portes et fenêtres qui sécurisent nos demeures et nos secrets.

Qui dans cette cité, qui dans ce pays, qui dans ce monde, n’a pas profité,

inconsciemment, il faut l’admettre, de leur labeur, de leur sueur ? La ménagère, l’ouvrier du bois, le maître d’école, le Ministre, le Président de la République, le Souverain le plus prestigieux ? Qui donc ? Dites-moi, qui ?

Et qui a jamais une seule fois dénoncé cela ? Ou, était –on d’accord, sans le dire, que ce n’était pas à dénoncer ? Oh ! Cette hypocrisie de l’Homme.
Et l’on se tourne vers l’autre pour l’accabler afin de se dédouaner. En
voilà une solution de facilité, Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs de la Cour !

Oui ! Les arbres sont morts. Oui ! Les forêts ont disparu. Oui ! Le désert avance sûrement, dangereusement, mortellement…

Monsieur le Président, il faut chercher ailleurs l’explication du phénomène de la déforestation, du tort porté à l’Arbre et à l’Homme aussi, il faut bien en convenir. C’est la conjugaison de multiples circonstances dont les changements climatiques contre lesquels l’humain ne peut rien, la nature ayant ses propres lois; des lois qui, justement, échappent à la justice de l’Homme. Aux phénomènes naturels s’ajoute, bien sûr l’action de l’Homme qui se détruit à petit feu en supprimant l’Arbre.

Sur ce point, je viens de démontrer éloquemment notre responsabilité commune, j’allais dire notre complicité tacite ; un complot, dis-je, qui ne dit pas son nom. Un complot contre l’Arbre. )
Il serait injuste d’imputer à seulement deux personnes la faute de tous, l’inconscience et l’insouciance de tous: une faute collective. Pourquoi faire endosser cette lourde responsabilité à ces deux braves personnes dont le principal pécher a été de faire œuvre utile: subvenir aux besoins vitaux de leur famille et rendre service à la société ? Chercherait-on un bouc émissaire ? Ce serait contre la justice. De l’antijustice.
Et vous êtes ici, Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs de la Cour, pour dire la loi, pour distribuer la justice. Notre rôle, quant à nous, auxiliaires de la justice, mes confrères et moi-même, est de vous y aider. N’est-ce pas confrères ?
Se tourne vers les avocats de la partie civile qui hochent affirmativement la
tête et esquissent de la main un geste ambigu, indiquant qu’ils n’étaient tout de même pas d’accord sur le reste.
Il me semble opportun de nous poser un certain nombre de questions qui interpellent ceux auxquels le peuple a confié sa destinée : l’Etat.
Quelle est la part de responsabilité de l’Etat ? Qu’a-t-il fait pour éduquer
L’Arbre à la Cour Criminelle. De Djibril Hamet LY
et encadrer les citoye ns ? Ses écoles préparent-elles les enfants à aimer la nature, à respecter et protéger l’environnement ? A avoir une attitude responsable face à la détérioration de l’environnement ?

A-t-il mis ses media: radio, télévision, journaux… au service de l’éducation citoyenne ? A-t-il conçu des projets participatifs de sauvegarde de l’environnement en général et de l’arbre en particulier ? Des programmes qui feraient pleinement jouer l’émulation positive ? Qu’a-t-il fait de pertinent pour la régénération des forêts et le freinage de l’avancée du désert ? Parce que, comme l’a si bien dit Malaw-Labbo-le –Boisselier alias Coupe-Tout-Bois, l’inexorable avancée du désert dépasse la loi des hommes.
Alors, j’insiste : que faire pour que l’Arbre ne disparaisse pas ? Que faire pour la conscientisation et la responsabilisation des tous et de chacun ? Que faire pour qu’il fasse bon vivre sur cette terre ? Pour que la beauté de la nature s’impose ? Pour que règne l’indispensable harmonie entre les humains, les animaux et les végétaux ? L’harmonie des éléments et des vivants ?

… L’Arbre doit vivre. Il doit vivre pour que vive l’Homme.

Dans le même temps, mes deux braves clients doivent trouver les moyens de faire vivre leur famille. D’autres moyens. L’Etat doit les y aider. La société doit les y aider. Ils doivent les aider à trouver des activités de substitution...
Le procès en cours gagnerait à être un procès pédagogique : il ne devrait pas punir mais tirer des leçons et proposer des solutions à ce qu’il faut considérer comme la faute collective du siècle : la faute de l’Etat et de toute la société, nous ici présents compris.
Nous devons tous ensemble, la main dans la main, chercher et surtout trouver des solutions incontestablement justes et véritablement durables. C’est vers ces solutions que doit s’orienter notre réflexion. Et non vers une quelconque condamnation, une quelconque exclusion : le rôle de la justice n’est pas de trouver coûte que coûte des coupables mais d’éviter que l’injustice s’installe et règne en maître, que la société dysfonctionne et se désagrège. Il ne sert à rien ni à personne de faire la politique de l’autruche…

Monsieur le Président, mes deux clients sont innocents. Ils doivent être relaxés, purement et simplement.
Je vous remercie.

SCENE 24

Le Président :
Madame l’Avocate Générale, vous avez la parole.

Avocate Générale :
Nous venons d’écouter avec beaucoup d’intérêt le plaignant, l’Arbre, et ses avocats, les témoins à charge et à décharge, les prévenus et leurs avocats. Nous sommes, désormais, on ne peut plus édifiés.

L’Arbre à la Cour Criminelle. De Djibril Hamet LY
Oui. Nous sommes édifiés.
La flagrance du crime des sieurs Coupe-Tout-Bois et Brûle-Tout-Bois est évidente. Les intervenants sont unanimes là-dessus. Tous.

Maître Atigh avocate à la fois adroite et expérimentée, par une plaidoirie logiquement bien tissée a tenté de semer le doute dans les esprits en jouant sur les coeurs, sur l’affectif. Ce que la défense cherche, en réalité, ce sont des circonstances atténuantes. Nous ne devons nous laisser ni distraire, ni attendrir : ce serait à la fois rendre un mauvais service au plaignant et en dernier ressort desservir l’Homme. Ce serait cela de l’antijustice, Maître Atigh !

Vous avez tenté de retourner la situation en faveur de vos clients en les absolvant : c’est de bonne guerre. Je dois reconnaître que vous êtes pugnace et très fine.
En cela elle pourrait tromper des non avertis. Et ce n’est certainement pas votre cas, Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs de la Cour. Vous ne vous laisserez donc pas séduire. Vous ne vous laisserez pas abuser.
Toutefois, je dois concéder que les deux criminels que vous jugez aujourd’hui pourraient bénéficier de quelques circonstances atténuantes, oh ! combien minces, ce qui n’efface en rien la criminalité de leur forfaiture. Oui. Je mets ce bémol parce que j’éclaire, par ce que je dis la loi, Monsieur le Président , Mesdames et Messieurs de la Cour…

Quand la Cour se retirera tout-à-l’heure pour délibérer, elle se souviendra simplement que la vie du genre humain, la survie de l’humanité, de la nature, dépend beaucoup de celle de l’Arbre.

La cour se souviendra que nul autre que le Créateur n’a le droit d’ôter la vie sans raison véritable, dictée par Lui seul… Elle doit avoir cela présent à l’esprit.

Elle doit avoir constamment présent à l’esprit que quiconque transgresse la Loi de la nature, ou plutôt, la Loi divine, doit être puni avec la plus grande sévérité. C’est ainsi que la société sauvera des êtres vivants et évitera dans le même temps de générer d’autres tueurs, d’autres criminels.

C’est tout ce que je tenais à rappeler.
Et je suis persuadé, Monsieur le Président, que la Cour prendra la bonne décision.

Je vous remercie.

Le Président :
La cour se retire pour délibérer. L’audience est suspendue.




L’Arbre à la Cour Criminelle. De Djibril Hamet LY

ACTE IV. LE VERDICT
SCENE 25
L’Huissier :
La cour !
Tout le monde se lève
Le Président : (un coup de maillet sur le bureau) :
L’audience est rouverte
Silence absolu dans la salle !
Les prévenus, à la barre !
Les prévenus se présentent à la barre, entourés de leurs avocats.
• Entendu que les Sieurs Maalaw-Labbo –Boisselier alias Coupe-Tout-Bois
et Alhajji Binta Yeyyaa-le Charbonnier alias Brûle-Tout-Bois sont accusés de crime avec préméditation contre l’Arbre,

Entendu que les prévenus reconnaissent les faits qui leur sont
reprochés,

• Entendu qu’aucune réfutation à cette accusation n’a été retenue,
• Entendu que les prévenus bénéficient de circonstances atténuantes,

La Cour Criminelle, siégeant en son audience du 19 mars 2008 :

• Condamne solidairement les prévenus Malaw-Labbo-le –Boisselier alias
Coupe-Tout-Bois et Alhajji Binta Yeyyaa-le Charbonnier alias Brûle-Tout-
Bois à dix ans de reforestation forcée.

• Pendant cette période de dix ans, ils planteront, protégeront et entretiendront plantes médicinales, arbres fruitiers, bois villageois, plantes ornementales.

• Ils animeront au près des jeunes, des femmes, des communautés villageoises, des séances de sensibilisation sur les bienfaits de l’Arbre et la nécessité de le protéger.

• Ils enseigneront quotidiennement autour d’eux, dans un programme planifié par les services pénitentiaires, les techniques de plantation, de protection et d’entretien d’arbres et de bois villageois.

La défense dispose des délais réglementaires pour interjeter appel si elle le juge nécessaire.

Emmenez-les !.....

L’audience est levée.

L’Arbre à la Cour Criminelle. De Djibril Hamet LY




EPILOGUE
Tous les acteurs sur scène, se tenant par la main, rappant (Arbre compris) :
Mise en évidence d’un tableau de fond représentant l’Arbre Séculaire (Maamaawi), de plusieurs arbres de différents âges et grandeurs.
Beaucoup de gestuelle.
POUR QUE VIVE L’ARBRE
Protégez l’environnement
Replantez des arbres
N’attendez pas qu’il soit trop tard
Utilisateurs du bois ne tuez pas le bois
S’il n’existe plus vous ne le verrez plus
Et alors vous ne vous verrez plus
Parce que vous n’existerez plus
Utilisateurs du bois, le gaz existe
Utilisateurs du bois, le moulin à mil existe
Utilisateurs du bois, les meubles en synthétique existent
Les ustensiles en métal, en argile, porcelaine et verre existent

Chers frères, chères sœurs !
Vous qui avez du cœur,
Vous qui êtes sensibles
Vous qui réfléchissez , vous qui comprenez
Tous, toutes, debout, avec nous
Entendons la prière de notre ami Arbre
Tous ensemble pour la survie de notre frère Arbre!
Tous ensemble pour la protection de notre frère Arbre!
Tous ensemble pour une vie saine
Et harmonieuse avec notre ami Arbre !

Vive l’Arbre pour que vive la Nature !
Vive l’Arbre pour que vive l‘Animal !
Vive l’Arbre pour que vive l’Homme !
Vive l’Arbre pour que vive la vie !
Vive l’Arbre ! Choeur
Vive la Nature !
Vive l’Animal !
Vive l’Homme !
Et Vive la vie !
FIN










L’Arbre à la Cour Criminelle. De Djibril Hamet LY

Los colores del Sur

Publié le 25/05/2008 à 12:00 par rjcm
Los colores del Sur
Tres mujeres artistas de Mauritania visitan la Facultad de Bellas Artes de la ULL dentro de un programa de intercambio y formación



Tres jóvenes y talentosas artistas mauritanas- Aicha Fall, Amy Sow y Hakima Dria- viajaron la semana pasada hasta Tenerife para recibir formación en la Facultad de Bellas Artes de la Universidad de La Laguna. Un periplo que ha servido para corresponder a la visita que la profesora de Perspectiva de la institución académica, Lola del Castillo, realizó recientemente al país africano junto a dos de sus alumnas más aventajadas.
Una experiencia "única" que ha logrado que las artistas de ambos países puedan compartir técnicas y aprender mutuamente pero, sobre todo, ha permitido que el arte funcione como hilo conductor de una amistad que la diferencia de idioma y la procedencia distante no ha podido evitar.
"De ese viaje guardo una experiencia maravillosa y muy emotiva, he estado en muchos países y de ninguno me he llevado tanto cariño", comenta la profesora.
Como recuerdo, las tres artistas mauritanas dejan un mural con motivos africanos en una de las paredes de la facultad y se lleva el éxito de una exposición en la que han vendido todas sus obras. "Sus cuadros se han expuesto en la cafetería del centro y todas fueron adquiridas por los propios alumnos", explican en la Facultad.
Mientras, y en relación a las cualidades de estas tres artistas autodidactas y pioneras del arte femenino en su país, los profesores de la Universidad de La Laguna destacaron su creatividad e iniciativa. "Muchas veces utilizan sus propias invenciones técnicas ya que no han tenido acceso a una formación plástica. Nos llama la atención su espontaneidad y, evidentemente, sus profundas raíces africanas tanto en los motivos como en el uso de los colores".
Ellas, las verdaderas protagonistas, responden a todas las preguntas con una sonrisa mientras aseguran que les encanta aprender y que intentarán transmitir en su país lo que han aprendido. "Canarias tiene muchos colores, parece un cuadro", cometan divertidas.

http://www.laopinion.es/secciones/noticia.jsp?pRef=2008051900_8_147454__Cultura-colores

La journée internationale des musées célébrée en Mauritanie

Publié le 20/05/2008 à 12:00 par rjcm
La journée internationale des musées célébrée en Mauritanie
La journée internationale des musées célébrée en Mauritanie

L’Office National des Musées a célébré la journée internationale des musées du 18 mai sous le thème « Musées et Education ». Dans son mot d’ouverture, le nouveau ministre de la Culture et de la Communication a indiqué que « cette journée est l’occasion pour les professionnels des musées d’aller à l’encontre du public afin de le sensibiliser aux défis auxquels les musées doivent faire face pour être des institutions au service de la société et de son développement ». A lui de poursuivre que le choix de ce thème se justifie par la volonté de renforcer les liens entre l’éducation et la culture. « En effet, le musée qui est à la fois un centre d’animation culturelle, un foyer de diffusion des cultures nationales et internationales doit être également un temple d’inspiration et de création artistique pour notre jeunesse » a-t-il souligné. Parallèlement à cette commémoration, le ministre a procédé à l’inauguration de l’exposition d’artistes sénégalais intitulée « Ouverture et Echanges », organisée par l’Association CARPLAS des peintres de Saint – Louis. Les œuvres sont accrochées jusqu’au 30 mai. Soulignons que cette manifestation artistique est le fruit d’une coopération culturelle fructueuse entre l’Office National des Musées et le musée de Saint- Louis. La coopération
Sud – sud est vitale pour le progrès de nos pays.



Exposition
Visions Unies jusqu’au 30 Mai au CCf

Oumar Ball et Béchir Malum croisent leurs visions sur les Hommes et les réalités de la ville de Nouakchott. Les tableaux peints de mains de maîtres retracent les différentes angoisses des habitants d’une ville qui se développe de manière anarchique aux antipodes de toutes normes : La place à donner à l’enfance, l’attachement aux racines, le sens de la vie dans la cité… La vie quotidienne des citadins et au –delà, occupe une bonne place dans les représentations des artistes : Les activités agro-pastorale au bord du fleuve, les pratiques du commerce qui foisonnent dans les marchés de la ville… Le clou de l’exposition est sans conteste deux splendides sculptures, l’une représentant un flûtiste accroupi, l’autre, une femme nue, les yeux tournées vers le ciel avec un petit pagne autour de la taille. Le pagne érotique, le ventre ballonné, le regard suspendu et les seins fermes symbolisent une femme soumise, objet sexuel et procréatrice. Une ancienne biographie de la femme africaine qui s’émancipe de plus en plus des lourdeurs sociales. Les mauritaniennes quant à elles tiennent une place prépondérante dans la société. Elles sont très influentes dans les sphères de prises de décisions familiales. Sur le plan politique, elles se sont vues propulser au premier plan en occupant des postes jadis réservés uniquement aux hommes. Députés, maires, ministres, magistrats… Elles ont même investi le domaine très complexe de l’armée et des forces de sécurités civiles et militaires. Cependant quelques soient leurs rangs, elles restent mères et épouses. C’est peut être cette caractéristique que veulent ressortir les artistes. L’homme accroupi à la flûte dénote de la gaieté de la vie de la gent masculine qui a tout le loisir de jouer de la musique pendant que la femme ploie sous le fardeau des travaux ménagers et des cycles rapprochés de grossesses. Cette dichotomie entre les deux genres a connu une évolution dans la vie citadine. Ici, l’heure est à la complémentarité et au partage des tâches. Femmes comme hommes sont emballés par le rythme d’un quotidien difficile dans le micmac d’une ville où le système D est le plus en vogue. C’est dans le milieu rural qu’on note quelques résurgences de la domination de l’homme sur la femme. C’est peut être cela qui justifie tous les visages féminins, tristes et interrogatifs qui se multiplient sur les toiles. Pour expliquer cette dépassée phallocratie ambiante, Oumar Ball évoque les affres de l’ignorance dans une splendide œuvre qui montre comment ce fléau enchaîne les Hommes, rongent leurs mentalités et les empêche d’évoluer dans le bon sens. Cette exposition qui a reçu de nombreux visiteurs révèle une nouvelle orientation de l’art mauritanien en montrant de belles images qui rompent avec la monotonie du déjà vu. En effet, les artistes mauritaniens ont la fâcheuse habitude de se copier dans leurs travaux. Ce qui donne à chaque fois les mêmes figures selon que l’on s’intéresse de plus près à leurs productions. Oumar Ball et Béchir Malum ont frappé « un grand pinceau ».


Italie
Les ressortissants mauritaniens veulent capter la TVM

Les ressortissants mauritaniens vivant sur le sol italien veulent se rapprocher de leur pays. Pour cela ils demandent solennellement aux autorités de leur pays de leur faciliter la tâche en leur permettant de capter la télévision nationale comme tous leurs homologues émigrés des autres nationalités d’Afrique. Pour ce faire, ils supplient les décideurs de mettre la TVM sur le satellite qui est le plus prompte à desservir l’Europe. « Nous avons honte face aux autres qui nous taquinent à chaque fois » affirme Demba Wane, président de l’Association des ressortissants mauritaniens en Italie. A lui d’ajouter que la télévision nationale nous rapproche de nos familles et nous permet de suivre au jour le jour l’évolution dans notre pays. Son rôle va bien au-delà de ce que l’on imagine. Elle évite les déperditions et incitent toujours au retour au bercail. En plus de cette noble et patriotique revendication, nos ressortissants demandent au gouvernement mauritanien de tout faire pour inciter la République Italienne d’ouvrir un consulat à Nouakchott. « Ceci permettra à notre pays de récupérer les capitaux investis par ses ressortissants qui sont obligés d’aller à Dakar au Sénégal pour faire certains papiers » déclaré M.wane, visiblement préoccupé par l’avenir du pays. Espérons que ces doléances sommes toutes légitimes ne tombent pas dans l’oreille d’un sourd. Le ministère des Affaires étrangères, le secrétariat d’Etat chargé des mauritaniens de l’étranger et le très dynamique directeur de la TVM doivent rapidement trouver une solution à toutes ces questions. Signalons que les mauritaniens vivants en Italie jouent un grand rôle dans le développement de la Mauritanie. Outres les gros pactoles de devises qu’ils font entrer dans le pays sous forme d’argent envoyé à leurs familles, ils financent un bon nombre de projets de développement dans leurs villages d’origine. C’est ce qu’on appelle de l’émigration positive.



Yéro NDiaye

la 15N des Arts

Publié le 15/05/2008 à 12:00 par rjcm
la 15N des Arts
LE PROGRAMME dans toute la ville
En couleur : dates et lieux des manifestations publiques
Couverture médiatique par le Réseau des journalistes culturels mauritaniens.
15 Avril – 15 juin 2008 Lancement des ateliers artistiques (Arts Plastiques, Cinéma, Musique, Littérature) entre
participants mauritaniens
18 juin 2008 1ère rencontre entre artistes et accueil de la Caravane AFRODREAM venue de Toulouse
19 au 27 juin Résidence d’artistes
Centre Culturel Français : Atelier de création musicale
Centre Culturel de la Communauté Urbaine de Nouakchott :
Atelier d’arts plastiques et d’écriture
Ouverture quotidienne au public les après-midis
Maison des cinéastes : Atelier de réalisation vidéo
23 au 29 juin Semaine Nationale du Film (SENAF 3ème édition)
« Migrations … d’ici et de là-bas »
Ancienne Maison des Jeunes et espaces alentours
pendant tout le festival : (terrain de basket sous khaimat) (entrée libre)
exposition d’arts plastiques et de photos des artistes mauritaniens et invités
27 et 28 juin ciné-concerts avec Momar Afrodream (en salle, à 19h00 avant la séance de cinéma) :
« Petite Lumière » de Alain Gomis et « Le Clandestin » de Zeka Laplaine
26 juin Université de Nouakchott : Journée délocalisée de la SENAF (entrée libre) :
matinée : Table ronde sur la littérature et le cinéma africains
mi-journée : Projection – débat autour du film « Bamako » de A. Sissako (amphithéatre)
après midi : Forum théâtral des étudiants
tout la journée : Exposition d’arts plastiques et de photos
Performance : création d’une fresque collective Lettres et Arts Plastiques
Soirée : Repas traditionnel sous la khaima, musique, poésie, contes.
30 juin Centre Culturel Français : Concert-forum (entrée libre)
Rencontre musicale entre Mouna Mint Dendenni, Diddal Jaalal, Ousmane
Gangué et le Koode Pinal, Monza, Momar Afrodream
1er juillet Musée National : Clôture officielle (entrée libre)
Discours des parrains et des partenaires de la 15aine des Arts
Visite ouverte du musée
Exposition des créations réalisées lors de la résidence de la 15aine
2 juillet Stade de Sebkha (entrée libre)
Méga - Concert Final Mouna Mint Dendenni, Diddal Jaalal, Ousmane
Gangué et le Koode Pinal, Monza, Momar Afrodream
Projection cinéma, scènes de théâtre, poésie, exposition et performance d’arts plastiques, atelier d’art
plastique et de lecture pour les enfants,…


PROGRAMME SENAF 2008

Publié le 15/05/2008 à 12:00 par rjcm
PROGRAMME SENAF 2008
Nouakchott, du 23 au 29 juin 2008
Sous le Haut Patronage de SE le Premier Ministre
Le thème : Migration...d’ici et de là-bas

La SENAF n’est pas un festival qui met en compétition des réalisateurs. Il s’agit d’un festival à but non lucratif qui a pour objectif de solliciter la conscience cinématographique des mauritaniens qui aujourd’hui encore n’est pas très développée. Il s’agit aussi de créer un évènement culturel convivial qui réunit des spectateurs divers et variés autour du même écran. Chaque film, débat devient une opportunité de rassembler les gens et de faire naître chez eux des questions et l’envie d’y répondre en échangeant avec son voisin qu’il soit wolof, toucouleur, soninké ou beïdane! Ce festival est devenu pour les nouakchottois un rendez-vous important.


Programme senaf 2008
Datte Heur Evénement Lieu
22 juin 10 H Conférence de Presse avec :
• Les invités du festival
• Les organisateurs
• Les partenaires Salle de Conférence MAURICOM
16 H Sous la khaima du CCF :
• Une rencontre avec Abderrahmane Sissako Centre Culturel Français
23 juin 10 H Ouverture Officiel
• Mot du directeur de la maison des cinéastes
• Mot des parrains de la maison des cinéastes
• Discoure officiel d’ouverture Ancienne maison des jeunes
10 H 30 Court métrage :
• Amanda, de Moussa M’Baw Ancienne maison des jeunes
10 H 40 Film d’ouverture :
• En attendant le bonheur de Abderrahmane SISSAKO Ancienne maison des jeunes
16 H Vernissage de l’Exposition
• Zoé-Zoé Femmes du Monde de Titouan Lamazou Centre Culturel Français
16 H Exposition
• la maison des cinéastes... 6ans déjà Centre Culturel Français
19 H SENAF JUNIOR
• film : Nos visages, l’école Diam LY Ancienne maison des jeunes
20 H Court métrage :
• le rêve brisé de Ousmane Diagana Ancienne maison des jeunes
20 H 10 Film :
• Zoé, Femmes du Monde, de Titouan Lamazou Ancienne maison des jeunes
21 H 10 Court métrage :
• Coumene Demba, de Oumar Kane Ancienne maison des jeunes
24 juin 11 H Les portes ouvertes de la
• Direction des Arts et de la Culture Direction des Arts et de la Culture
19 H SENAF JUNIOR
• film : Loup - Garou , L'école Théodore Monod
• film : Exercices, L'école Théodore Monod Ancienne maison des jeunes
20 H Court métrage :
• Voyageurs égarés, de Jean Luis Chambon Ancienne maison des jeunes
20 H 10 Film :
• Persépolis, de Marjane Satrapi et Vincent Paraunnod Ancienne maison des jeunes
21 H 50 Court métrage :
• Clandestin, de Djibril Oumar Sow Ancienne maison des jeunes
22 H Ciné parc RYADH
• Les Films « parlez-vous la langue IMAGE ? »
• Films de la bonne gouvernance….
• Film petit vendeuse de soleil Antenne maison des Cinéastes – Ryadh
22 H Ciné parc SEBKHA
• Les Films « parlez-vous la langue IMAGE ? »
• Films de la bonne gouvernance….
• Film petit vendeuse de soleil Maison des Jeunes de Sebkha
22 H Ciné parc TEYARETT
• Les Films « parlez-vous la langue IMAGE ? »
• Films de la bonne gouvernance….
• Film petit vendeuse de soleil Maison des Jeunes de Teyarett
25 juin 11 H Les portes ouvertes de la
• Direction de la Jeunesses Direction de la Jeunesses
16 H Sous la khaima de l’UNESCO
• Une rencontre avec Titouan Lamazou Commission Nationale de l’Unesco
19 H SENAF JUNIOR
• film: “The American International School of Nkc” Ancienne maison des jeunes
20 H Court métrage
• le rendez-vous, de Meli Bardo Ancienne maison des jeunes
20 H 10 Film :
• Le Grand Voyage, de Ismaël Ferroukhi Ancienne maison des jeunes
22 H Court métrage
• Al Moughawama, de Sidi Ould Mennane Ancienne maison des jeunes
22 H Ciné parc RYADH,
• Ciné concert avec Momar Kane, film « petite vendeuse de soleil »
Antenne maison des Cinéastes – Ryadh
22 H Ciné parc SEBKHA
• Les Films « parlez-vous la langue IMAGE ? »
• Films de la bonne gouvernance….
• Film : malouma la diva du sable Maison des Jeunes de Sebkha
22 H Ciné parc TEYARETT
• Les Films « parlez-vous la langue IMAGE ? »
• Films de la bonne gouvernance….
• Film : malouma la diva du sable Maison des Jeunes de Teyarett
26 juin 11 H Les portes ouvertes de la
• Télévision Nationale Télévision Nationale
13 H La quinzaine des Arts :
• Film Bamako, de Abderrahmane Sissako Université de Nouakchott
16 H Sous la Khaima de la FMOD
• Une rencontre avec Ismaël Ferroukhi Fondation Moctar Ould Daddah
20 H Court métrage :
• Frontière, Mohamed Mahmoud dit Alfadi Ancienne maison des jeunes
20 H 10 Hommage a Sidné Soukhouna,
• film : Nationalité Immigré Ancienne maison des jeunes
21 H 30 Court métrage :
• Europe qui a tord, de Aissata Sidi Bé Ancienne maison des jeunes
22 H Ciné parc RYADH
• Les Films « parlez-vous la langue IMAGE ? »
• Films de la bonne gouvernance….
• Film : Mafia Antenne maison des Cinéastes – Ryadh
22 H Ciné parc SEBKHA
• Les Films « parlez-vous la langue IMAGE ? »
• Films de la bonne gouvernance….
• Film : Mafia Maison des Jeunes de Sebkha
22 H Ciné parc TEYARETT
• Les Films « parlez-vous la langue IMAGE ? »
• Films de la bonne gouvernance….
• Film : Mafia Maison des Jeunes de Teyarett
27 juin 11 H Les portes ouvertes du
• Centre culturel français Centre Culturel français
16 H Sous la khaima du Ministère de la Culture
• Une rencontre avec Sidné Soukhouna Maison de la Culture
17 H GARA, La culture des teinturières soninkés
• Exposition et Conférence Fondation Moctar Ould Daddah
20 H La quinzaine des Arts
• Ciné Concert de Momar Kane: avec le Clandestin, de Zeka Laplaine
Ancienne maison des jeunes
Court métrage
• Hounak vi al asima, de Ahmed Taleb khiar Ancienne maison des jeunes
Film :
• 14 Kilomètres, de Gerardo Olivares Ancienne maison des jeunes
Court métrage
• Attarik ila el moukhadiratte, de Mohamed Ould Chaghrane Ancienne maison des jeunes
22 H Ciné parc RYADH
• Les Films « parlez-vous la langue IMAGE ? »
• Films de la bonne gouvernance….
• Film : Le Mandat Antenne maison des Cinéastes – Ryadh
22 H Ciné parc SEBKHA
• Les Films « parlez-vous la langue IMAGE ? »
• Films de la bonne gouvernance….
• Film : Le Mandat Maison des Jeunes de Sebkha
22 H Ciné parc TEYARETT
• Les Films « parlez-vous la langue IMAGE ? »
• Films de la bonne gouvernance….
• Film : Le Mandat Maison des Jeunes de Teyarett
28 juin 11 H Les portes ouvertes de la
• Production 308 Production 308
20 H La quinzaine des Arts
• Ciné Concert de Momar Kane, avec Petite Lumière, de Alain Gomis
Ancienne maison des jeunes
Cour métrage :
• Le Destin, de Oumar Bâ
20 H 30 Film :
• From paris to dakar, de Nikolaus geyrlhalter Ancienne maison des jeunes
22 H 30 Cour métrage :
• Error 404, de Alioune Ahmed Salem
29 juin 20 H Clôture Officiel
• Film chronologie de la SENAF 3
• Meilleur Court métrage
• Distribution des diplômes
• Photo de la famille
• Discoure de la clôture 28 KM sur la route de Rosso


Organisateur :
La maison des Cinéastes, Avec l’Appui du Ministère de la Culture et de la Communication et de la Coopération Culturelle Française
Partenaires :
Ambassade d’Espagne - Centre Culturelle Français – RFI - Fondation Moktar Ould Daddah - Commission National de l’Unesco - Air France – ICC - La CUN - Association NEDWA - India vidéo - Association Gzara - Ciné Art - Télévision de Mauritanie - Radio de Mauritanie – Mauricom - le Quotidien de Nouakchott, le Réseau des Journalistes Culturelles – La Tribune
Directeur du Festival :
Abderrahmane Ahmed Salem,
Port parole :
Mimi Mint Saleck
Responsable de la Communication :
Khalilou Diaghana
Contacte festival
Abderrahmane A.SALEM, Tél : 00 222 525 68 68 ou 00 222 630 52 15 Courriel :festival.senaf@yahoo.fr ou abdelrahman_mr@yahoo.fr www.maisoncineastes.com

قصيدة.... خارج الغم

Publié le 11/05/2008 à 12:00 par rjcm
&#1602;&#1589;&#1610;&#1583;&#1577;.... &#1582;&#1575;&#1585;&#1580; &#1575;&#1604;&#1594;&#1605;&#1
شعر: المختار السالم

كم تعرف الجمر؛ مختوما بعاشقه، وفي المجابات قد تستيأس الرسل
ودعْ هريرة؛ لم تغسلْ مدينتها شمس، ولم يرتحلْ عن ليلها أزلٌ
أمشى إلى أفق طلق أقول له: مدينة الحور من ألوانها العسل..
ودعتها وخيوط العنكبوت على مأوى الظلال ولكن نخلها قبلُ..
شابت خطاي إليها وهي مرجفتي؛
لكنها عن ظلال الشيب تختــبــلُ..
لا وقت للغار بعد اليوم إن نسجتْ
حمائم القدس بعض الأغنيات لها،
أو أغرق السفن الشهباء متصل
"زرقاء" في جبل الجودي قد رفعتْ
للسندباد فتيلا ظل يشتعلُ..
هذي القضية بعض من أدلتنا
على الحياة؛ وأصل ليس ينفصلُ..

***
أودعــتـني الواد لا ماء ولا لغة
لكنني بالنبوءات التي اتصلت،
وبالسيوف التي أغمادها لحمي، وبالذي قدر الرحمن وانتبذت
شرق العواصم حيث العاصف الوجلُ..
أصبحت بالأمة الوسطى وبيـرقها،
أشدو وأصدح يا أمي تباركني،
تلك السماء، ولا يغتالني الرجلُ..
هزي إليك بجذع النخلة انتبهي
إني مسيح جديد يبرئ الولها،
ويقتل الجبن والخذلان والسفها
أخاطب الحقب المرتابة اتسعي
لأنني في ذرى مأساتها جبلُ..
غص الرصيف؛ على أوتار مصعده،
ما بين قوسين، أو جفنين، أو لغة؛
لكنه في تلال الشمس يعتــقل...
نامت مناديلك الخضراء في لغتي، والكأس من غثيان الضوء مسفرة،
أودعتني الواد... أفطرْ زمزم.. قدمي يرقرق النفط عش الوحش في الأمم..
إني أنا العربي المستظل دمي، ألقح الحتف نبعا في قنابله..
والأرض ذي يوم يطوي الله بسطتها،
تبقى مع القلب نغما في بلابله..

***
ضاعت بنو وائل تحمي فنادقها
وفي الخنادق طفل رافض السفر..
يا قدس.. يا منتهى العليا وسدرتها،
ويا مجرة أفلاك من الحور..
يزين الناسَ في أعناقهم حجرٌ
لكن طفلك أضحى زينة الحجر..
أغمادنا، أبدا تبقى خنادقنا،
ماذا جلبنا من الزيتون والزهر؟..
***
شتائم الثلج بعضٌ من تجمـدنا
على جليد غبار فاقد الأثر..
هذي مسامات جلدي تستغيث دما،
فــرد يا بانيَ الأعشاش للقمر..
أليست القدس من أسمى عروبتنا
ويستدل عليـــها فاقــد البصر...

****
يا غيمة النخل صبي قهوتي ولعا
إني وريث الوغى لا رمت إطفائي..
فالحرب ترفع أوتاري وتشعلها على مراقص من جمر وحناء..
وكنت إما أشاعت ضربتي مدنا،
جمعت من مفردات الحرب أسمائي..
ووحدها الحرب مهر القدس لا ذبلتْ
لاءاتك الحمر بالمستـنشد النائي...
نمنا وأطفالنا نابوا عمائمنا،
سلاحهمْ حجر من فيح رمضاء..
وكلما ارتفعت أشلاءهمْ قبسا
أنار من ضوئها درب الأدلاء..
تجمد البرق تمثالا على شفة
أعاذها الله أن تبكي على الماء..

****
في لؤلؤة الفجر، منــشارٌٌ وبوصلة
للريح في غثيان السهل بالشفق..
ونحن أعراب تلك الدار ندخلها
على مشارف أغوت لحظة القــلق...
لأن أسماءنا في السير تنــتـعل الرصيف، ليلا وتلوي هامش العنـــق..
فتستجم بدايات لكل صدى، على دمانا، ويبقى ضوءها السعف...
فإن تيـبّـس ماء الواد زمزم في ضميرنا بسيول الرفعة الشرف..

خيّ بابا شياخ .. وآ

Publié le 11/05/2008 à 12:00 par rjcm
&#1582;&#1610;&#1617; &#1576;&#1575;&#1576;&#1575; &#1588;&#1610;&#1575;&#1582; .. &#1608;&#1570;&#1
بقلم/ أحمد ولد نافع.... باحث واكاديمي موريتاني
ahmedonava@yahoo.fr

يقدم هذا الكتاب ، كما يظهر من عنوانه ، نبذة مختصرة عن موضوعه عن " خيّ بابا شياخ وآثاره الأدبية " ، في نوع نادر من الوفاء بين الأدباء والكتاب ، حيث يحاول هذا الكتاب الصغير نسبيا حوالي 150 صفحة تقريبا والصادر في نهاية 2007 في طرابلس - الجماهيرية ، أن يقدم مجموعة من البحوث والأعمال التي كتبها " خي بابا شياخ" بخط يده ، وتوجد نسخ أصلية أو مصورة منها لدى صديقه سعادة السفير الليبي الحالي في السعودية ، الدكتور محمد سعيد القشاط ، الذي أراد لها أن تخرج من عتمات النسيان إلى أنوار القراءة لكي تتاح للباحثين والمهتمين دراسة و بحثا وتنقيبا .
ولم يشأ القشاط أن يدفع بالبحوث التي كتبها " خي بابا شياخ" مباشرة إلى المطبعة ، بل إنه قام بعمل تقديمين لها ، الأول منه ، والثاني من السفير السابق و المثقف الموريتاني المشهور محمد محمود ولد ودادي ، وهو أيضا صديق سابق لـ" خي بابا شياخ" ومديره حين كان الأخير مقدما لبرامج في الإذاعة الموريتانية التي كان الأول يديرها في بداية تأسيسها في ستينيات القرن الماضي ..
ويبدو أن علاقات " خي" و " القشاط " ترجع إلى سنة 1972 في زيارة الأخير لموريتانيا ، وامتدت ستة سنوات حتى وفاة الأول في ابريل سنة 1978 في مستشفي ابن سينا في الرباط .. غير أنها تعززت أثناء مقام " خيّ " في طرابلس في بداية السبعينيات كصحفي و كاتب في الصحف والمجلات الليبية ، و سافرا معا في رحلات الى دول مختلفة في غرب افريقيا .. و هو ما أتاح للقشاط أن يعرف عن قرب مرافقه ويدرك أنه " موسوعة ثقافية متحركة" ( ص 9).
أما علاقات " ولد ودادي " بــ " بابا شياخ" فهي أطول نسبيا حيث امتدت حتى فترة قليلة من رحيل الأخير ..( ص 42) ، وقد حاول " ولد ودادي" أن يصف الأجواء السياسية التي ظهر فيها " خي بابا شياخ" في موريتانيا ، قادما من " أزواد" من خلال الحوض الشرقي الموريتاني ، وبداياته الأولى في مجتمع انواكشوط ، العاصمة السياسية الوليدة في كل شيء ، وبالتالي دخول الصوت الجهوري الجديد أسماع " ساكني انواكشوط" عبر الإذاعة الناشئة وقتئذ وتأففهم منه من البداية لحداثته بالعمل المهني الإعلامي وكسره للرتابة اللغوية التي تعود عليها هؤلاء من محاضرهم التقليدية ، حيث الصرامة في احترام قواعد اللغة العربية وعدم استساغة إظهار همزة الوصل في غير محلها ، أو رفع منصوب ، أو نصب مرفوع ، أو رفع مجرور... إلى غير ذلك من الأخطاء القواعدية التي تعتبر في عرف الموريتانيين من الموبقات ! ( ص 27).
غير أن " بابا شياخ" لم يستسلم فيما يبدو ، بل انتقل نقلة نوعية حين استعان بمدرسي النحو واللغة و العروض ، الشيء الذي جعله يحظى بتقدير واحترام مستمعيه الذين بدأوا يفطنون لتوقد ذكائه ونباهته وبديهيته اللامعة ، وسخريته اللاذعة ، وقدرته الأسطورية على التقليد للزعماء والشخصيات ..بشكل ملفت يدعو للإعجاب( ص 31) !!
إن اهتمام " خي بابا شياخ" بالأدب والثقافة والموسيقي ليس وليدا من فراغ ، بل إنه سليل أسرتين فنيتين لهما قدم تاريخي راسخ في ذلك هما : أهل ايده ، و أهل اسويد بوه .. وهما اسرتان عرفتا في حاضرة تنبكتو وهي وسط مؤات للتداول المعرفي والثقافي منذ قرون سحيقة ..( ص 37)..
ولم يجد الشاب اليافع " بابا شياخ " في نهاية الخمسينيات ، وبعد رحلة قادته إلى الكثير من الدول الإفريقية القابعة تحت الاستعمارين الفرنسي والانجليزي ، غضاضة من السفر إلى موريتانيا ، حيث الأهل والأحبة ، إذ أن الشعوب العربية والطارقية في أزواد تشكل مع أترابها في موريتانيا و الساقية الحمراء ذرية بعضها من بعض ، و هو ما أشار إليه الرئيس الموريتاني الاسبق ، المختار ولد داداه ، حتى قبل استقلال موريتانيا وتحديدا في سنة 1957 ، بقوله :" إنهما جناحا موريتانيا التي لايمكن أن تحلق بدونهما.." ( ص 40).
و بعد ذلك تأتي الكتابات التي كتبها " خي بابا شياخ" ، وهي سبعة كتابات أو مقالات : " أزواد" ( ص ص 43-68) ، و " الشيخ سيديا الكبير و آل داداه "( ص ص 69 -82) ، و " الأحزاب السياسية في افريقيا الغربية " ( ص ص 83-112) ، و " الأحزاب في مالي " ( ص ص 113-124) ، و " الأحزاب السياسية في تشاد 1947-1960" ( ص ص 125-132) ، و " في التعاون النقدي بين فرنسا ومستعمراتها الافريقية سابقا " ( ص ص 133-140) ، و " أحمد بابا مسكة " ( ص ص 141 – 151) .
وقد استعرض " بابا شياخ " الحياة الثقافية والاجتماعية لساكنة أزواد ، وتكونها من العرب والطوارق ، العرب ويتألفون من البرابيش ( أولاد سليمان ، أولاد عمران ، أولاد يعيش ، أولاد ادريس ، أولاد بوهندة ، أولاد غنام ، أولاد بوخصيب ، أولاد غيلان ، القوانين ، السكاكنه ، ياداس ، رقان ، النواجي ، أهل أروان ) ، وكنته ويتزعمهم الشيخ سيدي المختار الكنتي الولي الصالح الذي ظل قادرا على حل الخلافات التي تستعر دائما ، كعادة سكان البادية والصحراء ، بين القبائل العربية والطارقية ( ص 49) ، وذلك ما أعطى لقبيلة كنته مكانة اجتماعية ودينية في تلك الربوع من الصحراء الكبرى .
أما الطوارق ( إمقشرن) وهم سكان أزواد الأصليين ، كما ذكر المؤرخون كالقلقشندي في " صبح الأعشي" ، وغيره ، ويتمتعون بأنفة كبيرة و إحساس بالتفوق يجعلهم يرفضون المصاهرة من العرب !( ص 51) .. بالرغم من أن بعض القبائل العربية اندمج مع اتحادية الطوارق القبلية مثل " أهل السوق" ، وهم من برقة الليبية ، وقد حرصوا على التخاطب فيما بينهم بالفصحي ، ومع غيرهم باللهجة الطارقية ، وذلك ما لاحظه المؤلف بنفسه ( ص 52)
وأسهب المؤلف في شرح ملابسات الخلافات والصدامات الناشبة بين الطوارق في شما ل مالي والدولة المالية والمعاناة التي تعرضوا لها طيلة سنوات بداية حكم " موديبو كيتا" ، ثم " موسى تراوري" بعد ذلك ! وأشار المؤلف في سياق بحثه عن " الشيخ سيديا الكبير" إلى أن ابنه الشيخ سيد الصغير ( المعروف بـ : بابا) كان عونا للفرنسيين في إحكام سيطرتهم على اترارزة ، وهو ما سهّل احتلال باقي المناطق في أنحاء موريتانيا ، وقد أشار الى ما كتبه بابا ولد الشيخ سيديا بنفسه في مجلة العالم الاسلامي التي كان يحررها المستشرق لويس ماسينيون ، حيث يمدح فرنسا ويرجو من الله لها البقاء ، وقد كافأت السلطات الفرنسية للشيخ بابا بتسهيلات وامتيازات كبيرة أقلها إعفاؤه من الضرائب الباهظة و السماح له ، ولمن يريد بالسفر الى حيث يشاء ، ووظفت المتفرنسين من أهله ، وعدم قبول أي أحد إلا بتزكيته ، واعطائه أموال ضخمة سنويا ( ص 72)
وقد قدم الشيخ للفرنسيين إثنين من اتباعه هما المختار و شيخنا أبناء داداه للخدمة كجنود في الجيش الاستعماري الفرنسي ، وقد شارك الأخير في الحملة التي قتل فيها الأمير العربي المجاهد بكار ولد اسويد احمد وهو في السابعة والتسعين من عمره في وقعة بوقادوم عند " راس الفيل" في منطقة العصابة في وسط موريتانيا يوم 2/4/1902 ( ص 73) .. أما الأول ، فقد أبلغ عن المجاهدين الذين قادهم الشريف سيدي ولد مولاي الزين لقتل الحاكم الفرنسي " كزافي كبولاني" في معسكره ليلا في 12/5/1905 في مدينة تجكجة الموريتانية ..( ص 74)
كما تعرض لظروف و ملابسات نشأة الاحزاب السياسية الافريقية في نهايات أيام الاستعمار ، وربطها بظروف ما بعد الحرب العالمية الثانية ، ومنها الحزب الدمقراطي الافريقي الكبير ، الذي أسسه الطبيب العاجي " هوفوتبوني" في باماكو ( مالي ) في سنة 1946 ، بمعية الامين غي وسنغور ( السنغال) ، و فيلي دابو سيسقو ( مالي ) ، يسي جالو ( غينيا) ، تشيكايا وجبريل دار بوسيه( افريقيا الاستوائية) وكان هدف الحزب الرئيسي هو تحرير افريقيا من نير الاستعمار ( ص 91) . ومع أن أحمد شيخو توري ( الرئيس الغيني الاسبق) كان ماركسي الهوي إلا أنه ناصر القضايا العربية ( قضية فلسطين) ، وقطع العلاقات مع اسرائيل فورا بالرغم من أنها كانت بصدد تمويل وإنشاء مشروع كبير في غينيا ، فطـُـلِبَ من الاسرائيليين المغادرة النهائية و حمل معداتهم معهم !( ص 104) .
كما ناقش " خي بابا" تاريخ نشأة الأحزاب الرئيسية في مالي ( حزب الاتحاد السوداني) ويقوده ممادو كوناتي وموديبو كيتا ، و حزب الاتحاد التقدمي السوداني ويقوده فيلي دابو سيسقو .. وقد أطاح الجيش المالي بالرئيس موديبو كيتا في سنة 1968 بقيادة الضابط موسى تراوري ..
كما تعرض لظروف نشأة الأحزاب في تشاد ، وأول حزب هو حزب التقدم التشادي الذي أيدته القبائل الوثنية الجنوبية التي ينتمي اليها " فرانسوا تومبولباي" أول رئيس وزراء لتشاد ، وتزعمه في البداية جبريل ليزيت الذي انتخب عمدة لمدينة " فور لامي" ( انجامينا)( ص 128).
كما ناقش " بابا شيخ" أوضاع التعاون النقدي بين فرنسا ومستعمراتها " ، رابطا إياه بتنامي الوعي لدى الأفارقة أن المصرف المركزي للاتحاد النقدي لدول غرب افريقيا لا يزال مقره خارج القارة في باريس ، وأنه بذلك محدود التأثير على ايقاع التنمية في هذه الدول لخضوعه لاشراف وتسيير الفرنسيين المباشر، وهذا ما دفعهم الى رفض استمراره ..
وبعد أن اعتبر التعامل النقدي بين فرنسا و مستعمراتها بحاجة إلى " النقد" ، خلُص على نحو غريب إلى أن العودة إلى نظام المقايضة واعتماد " الودَع " أجدي للأفارقة مع الاكتفاء الذاتي والسيادة ، وذلك بدلا من الفرنك الفرنسي الذي يقود بالضرورة إلى التبعية ويعزز الحاجة الدائمة إلى الأجنبي ( ص 139).
كما خصّ " بابا شياخ " ، الصحفي والسياسي الموريتاني البارز أحمد بابا ولد أحمد مسكه ( الذي يعمل حاليا مستشارا رئيسيا للرئيس الموريتاني سيدي محمد ولد الشيخ عبد الله) ، بدراسةٍ تتبع فيها بزوغه المبكر كمؤسس لحزب النهضة الموريتاني ، قبل استقلال موريتاينا وبمعية السياسي المشهور " بوياقي ولد عابدين" الذي ظل منفيا لمناكفته الاستعمار الفرنسي عشرين سنة في أزواد بشمال مالي ، ثم مدير عام للإذاعة والصحافة في الدولة الموريتانية الوليدة ، ومساهما كبيرا في اندماج حزبه وباقي الأحزاب الموريتانية في " حزب الشعب الموريتاني " الذي ترأسه الرئيس الأسبق المختار ولد داداه حتى الانقلاب عليه في 10 يوليو 1978 ، ثم تدرّج أحمد بابا ولد أحمد مسكة سريعا في المجد الوظيفي ، حيث عيّن سفيرا لموريتانيا في ساحل العاج و الأمم المتحدة ، وبعد ذلك دخل السجن السياسي مع وزراء آخرين عقب أحداث 1966 ، وأطلق سراحه بعد ذلك فعمل في معهد افريقيا السوداء في دكار ، واستاذا جامعيا في فرنسا ، وكاتبا صحفيا في مجلة جون آفريك الأسبوعية الباريسية ، ومؤسسا لمجلة إفريقيا آسيا ..( ص 149) . وحين أراد " بابا شياخ " أن يقيم هذه المسيرة المتقلبة للأستاذ / أحمد بابا ولد أحمد مسكة قال إن من الطبائع الغريبة لبني آدم أنهم يغفرون للكافر كفره و يقبلون للزنديق توبته ، لكنهم لا يقبلون للسياسي عثرته !! ( ص 150) .
ومن خلال السياحة مع هذه المعالجات يتضح أن صاحبها " خي بابا شياخ" امتلك ثراء معرفيا كبيرا ومتنوعا ، وربما ساعده على ذلك دراساته الدؤوبة وإطلاعه الكبير على أمهات المصادر والمراجع ، وما سهل له المهمة هو إتقانه إلى جانب لغته الأم العربية اللغات اللاتينية ( الفرنسية والانجليزية) ( ص 34) .
غير أن هذا الكمّ الهائل من المعلومات ، يبدو مشتتا ، وبعيدا عن المنهجية البحثية العلمية ، وقد يرجع ذلك إلى عدم دخول " بابا شياخ " للتعليم النظامي المدرسي ، واتضح ذلك في غيابه تأصيل المعلومات التي يبدو أنه اطلع عليها بطريقة أو بأخرى من مظانها المختلفة ، ومثال ذلك وصفه للتنظيمات السياسية للزنوج الموريتانيين بـ" التنظيمات السياسية اليهودية الاتجاه الماركسية .."( ص 81).
ومثال آخر ، هو إفادته وبدون توثيق يبرئ ذمته العلمية أن المختار ولد داداه ، وهو عم الرئيس الموريتاني الأسبق الذي سميّ عليه فيما يبدو ، عمل في الجيش الفرنسي باقتراح من الشيخ بابا ولد الشيخ سيديا الكبير ، وهذه المعلومة لم يشر إليها الرئيس الموريتاني المعني في مذكراته التي تعرض فيها قبل وفاته لبدايات التواصل مع الفرنسيين ( في مدرسة أبناء الأعيان ، والنظرة الاجتماعية للنصاري .. والخ) ، ومعلومة من هذا النوع جديرة بالاهتمام لو كانت دقيقة !
كما يمكن أن يؤخذ عليه التساهل في إطلاق الأحكام كوصفه لـ " أهل آدرار بأنهم أشد حماسا للانضمام للمغرب .."! ( ص 78) ، وهو ما لايمكن قبوله ببساطة على هذا النحو دون تأسيس علمي ومنهجي مقبول ومنضبط .
وبالرغم من قِدَم كتابة المساهمات التي احتوي عليها الكتاب بقلم " خي بابا شياخ " حيث ترجع فيما يبدو إلى السبعينيات من القرن الفارط ، فإن موضوعاته التاريخية والثقافية والسياسية تجعله مرجعا مهما، ولا شك أن الأحداث التي اعتملت بعد ذلك وحتى الآن في تلك الدول ، أو في منطقة الصحراء الكبرى عموما ، تبيّن ذلك .. ما يشي بأن كاتبها كان يمتلك رؤية جيو استراتيجية لافتة ، كان سيحرم منها الجيل الحالي الذي قد يجهل " خي بابا شياخ" لولا أن بعض من لقيهم وصحبهم هذا الأخير أرادوا تسديد دين الوفاء الإنساني رغما عن عصر الرقمية و " التسليعية " الذي طغى على إنسان هذا الزمن .

L'été Indien : Malouma aux nuits franco-mauritanienne de Nouakchott

Publié le 11/05/2008 à 12:00 par rjcm
Les Films Jack Febus & Mezzo proposent une collection de 10 documentaires de 52'. Chaque film est consacré a un artiste de la scene world dont il dresse le portrait sur la toile de fond d'un festival de l'ete.

Texte mensuel : A Nouakchott, capitale de la République islamique de Mauritanie, la chanteuse Malouma est une star, respectée tant pour sa musique que pour ses prises de positions politiques.

Issue d'une famille de griots, elle s'écarte de la tradition en abordant des sujets tabous dans son pays. Sa liberté de parole lui a valu la censure pendant des années, la poussant à exporter sa musique sur les scènes du monde entier.
Introduit par un extrait de concert filmé durant le festival des Musiques métisses d'Angoulême, le film suit la vraie première tournée de Malouma au sein de son propre pays, dans le cadre des " Nuits franco-mauritaniennes ", et nous fait découvrir la ferveur du public pour sa musique.

Entre les concerts, Malouma nous invite à partager les racines de sa création.

" Malouma, diva des sables " s'achève sur le concert de la chanteuse au New Morning, prélude à sa tournée américaine.

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